Le budget des excursions plafonné à Ecaussinnes : L'opposition dénonce des économies sur le dos des enfants, Ensemble dément
PS et Ecolo redoutent la fin des excursions scolaires. La majorité affirme vouloir garantir un système équitable et soutenable.
- Publié le 09-09-2026 à 16h56

Les excursions scolaires vont-elles devenir plus rares dans les écoles d'Écaussinnes ? C'est la crainte exprimée par Michel Monfort (PS) et Julien Sluys (Ecolo), mardi soir, lors du conseil communal. Les deux élus se sont inquiétés de la décision de la majorité Ensemble de limiter les dépenses consacrées aux sorties des élèves. Une décision qui ne signifie toutefois pas leur suppression.
Michel Monfort et Julien Sluys ont rappelé l'importance de ces activités pour les enfants : cohésion du groupe, autonomie, sociabilité, éveil à la curiosité… Elles permettent aussi aux élèves issus de milieux moins favorisés de découvrir des lieux qu'ils n'auraient peut-être jamais visités autrement.
"Les excursions scolaires ne sont donc pas un luxe, mais un outil pédagogique pour un coût modéré", estime le conseiller PS. Il s'étonne dès lors de la décision du collège. "Nous apprenons en ce début d'année scolaire votre décision d'annuler ces excursions. À tout le moins, jusqu'au 31 décembre 2026 avec une réflexion qui s'inscrirait dans la confection du budget 2027." Et d'ajouter : "Nous ne pouvons pas accepter que vous fassiez des économies sur le dos des enfants, alors que vous dépensez sans compter dans d'autres secteurs."
Au cœur du dossier : la limitation du recours aux transports en car. Julien Sluys a donc demandé si les besoins des écoles avaient été évalués en amont et si d'autres arbitrages budgétaires avaient été envisagés.
Arnaud De Laever, échevin de l'Enseignement, se veut rassurant. "Le collège ne remet pas en cause l'intérêt pédagogique des excursions scolaires. Nous sommes bien conscients de l'importance de ces activités."
Mais les dépenses ont fortement augmenté ces dernières années, rapporte l'échevin : 11 643 euros en 2022, 32 266 en 2023, 53 728 en 2024 et 64 788 en 2025. Au 8 septembre 2026, la facture atteignait déjà environ 59 000 euros. Sur cinq ans, la moyenne s'élève à 44 285 euros par an.
"La décision prise n'est pas une décision contre les excursions scolaires, c'est une décision de maîtrise des dépenses communales", explique Arnaud De Laever. Désormais, 50 000 euros seront réservés chaque année à ce poste, avec la volonté de répartir les moyens plus équitablement entre les différentes écoles.
Concrètement, la majorité veut garantir à chaque enfant "minimum une classe verte et une journée de dépaysement en car sur l'année". Une journée en car coûte entre 800 et 1 200 euros, tandis qu'une classe verte représente 3 000 à 4 000 euros. "Quand plusieurs classes multiplient les dépassements, l'addition devient vite importante", souligne Arnaud De Laever.
La majorité assume donc un changement de philosophie : plutôt que de permettre à certaines classes de multiplier les sorties, elle veut garantir un minimum commun à tous les élèves. L'échevin rappelle en outre les autres efforts financiers déjà consentis pour les écoles, comme les transports vers les piscines ou le prix des repas scolaires.
Arnaud De Laever tient enfin à rassurer : des sorties déjà prévues pour la fin de cette année 2026 seront assurées. Pour le reste, les établissements de la Cité de l'Amour devront composer avec les nouvelles règles, dès 2027.