Braine-le-Comte dit non au nouveau tracé de la Boucle du Hainaut : Maxime Daye soutient que le ministre ne lui a rien dit
Le conseil communal de Braine-le-Comte a fait front commun, lundi soir, contre le nouveau tracé de la Boucle du Hainaut. Les élus dénoncent un projet qui menace 124 habitations, onze exploitations agricoles et trois petites entreprises.
- Publié le 20-10-2026 à 14h01

Après Soignies, Écaussinnes et Seneffe, c'est au tour de Braine-le-Comte de hausser le ton contre la Boucle du Hainaut. Jusqu'ici relativement discret depuis l'annonce du nouveau tracé par le Gouvernement wallon, le collège communal a décidé de sortir du bois. Lundi soir, un point a été ajouté en urgence à l'ordre du jour du conseil communal. Objectif : afficher une opposition ferme à un tracé qui risque de transformer durablement le paysage brainois.
Le premier échevin Léandre Huart a d'abord tenu à remettre les pendules à l'heure. Non, le collège communal n'est pas resté les bras croisés. "Nous suivons ce dossier depuis 2020", a-t-il rappelé, évoquant les trois motions déjà adoptées par le conseil communal et les remarques formulées par le collège et la Commission consultative communale d'aménagement du territoire et de mobilité (CCATM).
"Nous réaffirmons notre position dans ce dossier : l'alternative d'enfouissement de la ligne doit être approfondie ou, à défaut, avoir un impact moindre sur notre territoire."
Car les chiffres ont de quoi inquiéter. Selon les données présentées au conseil, le tracé retenu concerne 124 habitations, onze fermes et trois petites entreprises. Les conséquences pourraient être importantes sur les plans sanitaire, agricole, paysager et touristique. Un autre tracé, longeant la RN55, aurait eu des répercussions moins importantes sur le territoire brainois, selon le collège.
Les élus réagissent
Dans l'opposition, le PS n'a pas ménagé ses critiques. Les conseillers Addi et Fievez ont notamment rappelé que des lignes électriques avaient déjà été enfouies sur plusieurs kilomètres en Allemagne et aux Pays-Bas par une filiale d'Elia. Pourquoi pas en Wallonie ?
"Nous ne sommes pas contre la transition énergétique, mais elle ne doit pas se faire au détriment des citoyens, de notre patrimoine et de nos paysages. Nous demandons un enfouissement maximum", a plaidé le premier.
Le second a directement interpellé Maxime Daye, qui préside une commission parlementaire consacrée à l'aménagement du territoire wallon. "Le ministre vous a-t-il parlé ou vous a-t-il laissé dans l'ignorance ? "
Chez Ecolo, le conseiller Gonzalez-Vanhespen juge le tracé inacceptable en l'état. Il reproche au MR et à Ensemble, proche des Engagés, de pratiquer la politique de l'autruche alors que la campagne brainoise pourrait être défigurée par d'imposants pylônes métalliques et leurs câbles électriques.
Le conseiller Naldi (Ensemble) a, de son côté, appelé les différentes formations politiques à faire bloc. "Le progrès ne doit pas se faire au détriment de la qualité de vie de nos concitoyens."
Même son de cloche chez Braine, où le conseiller Arnould réclame une révision du tracé.
L'enfouissement : Plus long, plus couteux
Présidant l'assemblée, le conseiller Damas (Braine) a rappelé que François Desquesnes défendait l'enfouissement de la ligne avant son entrée au Gouvernement wallon. Une position qui semble aujourd'hui se heurter aux réalités financières et techniques.
"Un enfouissement total est cinq à dix fois plus coûteux et la durée du chantier est deux à trois fois plus longue", a-t-il souligné. Selon lui, seuls trois kilomètres supplémentaires pourraient être enfouis, en plus des huit kilomètres prévus dans l'arrêté ministériel.
Maxime Daye a toutefois tenu à relativiser les possibilités d'obtenir un enfouissement intégral. "Il est évident que les quatorze communes concernées par ce tracé vont demander un enfouissement total. "
Le député-bourgmestre a également rappelé toute la difficulté de trouver un tracé qui satisfasse tout le monde. "Le tracé longeant la RN57 concernait moins d'habitations sur Braine, mais davantage sur Écaussinnes."
Autrement dit, déplacer la ligne pour épargner une commune revient parfois à reporter le problème chez sa voisine. Un véritable casse-tête territorial.
Pas averti
Restait une question embarrassante : le ministre François Desquesnes avait-il pris la peine de prévenir le député-bourgmestre brainois avant de dévoiler sa décision ?
La réponse de Maxime Daye a été limpide : non. "Le ministre ne m'a pas informé, pas plus que ma collègue de Soignies, alors que le ministre est un échevin empêché au sein de son collège."
Concernant la suite de la procédure, Maxime Daye estime que l'enquête publique pourrait débuter entre le Nouvel An et Carnaval, ou entre Carnaval et Pâques. Le ministre souhaiterait éviter son organisation pendant les congés scolaires.
Une perspective qui n'a pas rassuré Ecolo. "Quarante-cinq jours, c'est quand même le minimum syndical", a pesté le conseiller Gonzalez-Vanhespen, inquiet du temps laissé aux citoyens pour prendre connaissance d'un dossier aussi complexe.
S'opposer de manière intelligente
Pour Maxime Daye, la bataille ne fait que commencer. Mais encore faut-il choisir la bonne stratégie. Le député-bourgmestre plaide pour une opposition "maline et solidaire", plutôt qu'une succession de combats menés individuellement par les communes concernées.
Il a notamment cité l'exemple d'Écaussinnes, où la mobilisation citoyenne a été particulièrement importante ces dernières années. Malgré cet investissement considérable, la commune reste concernée par le nouveau tracé.
Le message est clair : s'opposer ne suffira pas nécessairement à faire reculer le Gouvernement wallon. Encore faudra-t-il proposer des alternatives crédibles et peser collectivement dans les prochaines étapes de la procédure.
Après plusieurs échanges et quelques modifications apportées au texte initial, les conseillers communaux ont finalement trouvé un terrain d'entente. Majorité et opposition ont parlé d'une seule voix. À Braine-le-Comte, personne ne veut du tracé actuel de la Boucle du Hainaut.
