Des jeunes se donnent rendez-vous pour se battre: le nouveau phénomène qui inquiète la police
À Charleroi, hier, vingt-sept jeunes ont été interpellés à la ville basse.

- Publié le 18-04-2019 à 07h57
- Mis à jour le 18-04-2019 à 10h48

À Charleroi, hier, vingt-sept jeunes ont été interpellés à la ville basse. Ils se donnent rendez-vous sur les réseaux sociaux, et choisissent un lieu… pour se battre : c'est le nouveau phénomène qui touche de nombreux adolescents en Belgique. Et il reste pour l'instant plutôt obscur aux yeux du grand public, mais hier encore, vingt-sept jeunes ont été arrêtés en plein centre-ville de Charleroi alors qu'ils s'apprêtaient à en découdre.
En France, Le Havre, Lille, Poitiers et Bordeaux ont déjà été la cible d'affrontements de ce type, parfois avec des battes de base-ball ou des barres de fer. En Espagne, la ville de Lugo avait fait les gros titres quand les journaux El Mundo et La Voz de Galicia avaient dévoilé la vidéo d'un véritable "fight club" urbain impliquant une cinquantaine d'adolescents qui se battaient violemment à mains nues.
"Nos hommes ont déjà dû intervenir plusieurs fois à Charleroi, même si l'on ne cherche pas à en faire la publicité", reconnaît l'inspecteur principal de la police locale, David Quinaux, contacté à la suite des arrestations d'hier. "Ce sont des bandes rivales, de La Louvière, Charleroi et d'autres endroits, qui se donnent rendez-vous sur les réseaux sociaux, choisissent un terrain de jeux et viennent s'y battre." Et Charleroi est, malheureusement souvent, la "capitale de la bagarre".
Ces ados cherchent-ils à régler des comptes, ou à se battre simplement pour le plaisir ? "On ne connaît pas leurs motivations", réplique-t-on à la police. "Mais ce qui compte, c'est que nous puissions intervenir avant qu'il n'y ait les infractions et le trouble à l'ordre public."
De fait, l'opération d'hier était impressionnante : en quelques secondes, les agents de la police locale de Charleroi, épaulés du PSO (peloton de sécurisation de l'ordre public), du GSA (groupe d'intervention) et de maîtres-chiens ont bouclé la place. Quelques ados ont bien essayé de s'enfuir à toutes jambes, mais peine perdue : vingt-sept d'entre eux, dont seulement deux majeurs et vingt-cinq de moins de 18 ans, ont été arrêtés administrativement dans la ville basse, sur la place de la Digue, devant la gare Charleroi-Sud et aux alentours de Rive Gauche.
Les règles du "fight club" à l'espagnole
Le journal El Mundo a obtenu en 2016 le témoignage de certains participants aux combats de Lugo. Il y aurait, d'après nos confrères espagnols, quatre règles :
• Il est interdit d'avoir des clés ou autres objets en poche.
• Il est interdit de tabasser quelqu'un au sol.
• Il est interdit de mordre ou de saisir un adversaire.
• Quand un jeune dit "je veux arrêter", le combat est terminé.
Pour rappel, on ne sait pas si c'est le même jeu à l'œuvre ici, dans le cas de Charleroi, mais le développement sur les réseaux sociaux, notamment Whatsapp et Snapchat, de ce genre de rencontres violentes a de quoi interpeller.
Nous avons contacté la Computer Crime Unit de la police fédérale pour tenter d'en savoir davantage sur ces rendez-vous via le web, mais à l'heure d'écrire ces lignes, nous n'avions reçu aucune réponse.