L'avion bar-restaurant reste cloué au sol
Encore pour un certain temps car l'acheteur français n'a pas finalisé l'acte de vente…
- Publié le 02-01-2020 à 13h09
- Mis à jour le 02-01-2020 à 13h10

Encore pour un certain temps car l'acheteur français n'a pas finalisé l'acte de vente… L'Airbus A310 qui était devenu une sorte de symbole, un repère, depuis 1999, pour reprendre les mots d'un riverain, affiche toujours fièrement ses quarante-six mètres de long dans le paysage de la route de la Basse-Sambre. Christophe Dufromont, directeur commercial de l'agence Morgan Immo, nous confie en exclusivité les derniers rebondissements de cette saga qui n'en finit pas.
L'appareil avait été acheté par un investisseur français et il devait "décoller" fin septembre, mais il est toujours là, pourquoi ?
"C'est vrai, l'acheteur a dû renoncer car le terrain sur lequel devait atterrir l'avion est classé Monument de France. C'est un détail important que l'acquéreur ignorait. Le contrat stipulait que l'appareil devait être enlevé dans les douze mois, l'offre ayant été signée en septembre 2018."
Ce qu'il n'a pas fait ?
"Nous lui avons accordé une prolongation pour trouver une solution mais aucune n'a été trouvée. L'avion a été cédé depuis à un tiers, il est français également. L'offre signée court depuis le 19 décembre. Le nouvel acquéreur dispose de huit mois pour réaliser l'enlèvement de l'avion, qui sera démonté en cinq pièces, les deux ailes, le fuselage, le corps principal de l'appareil."
Le prix n'a pas changé…
"Le prix de vente s'élève toujours à 100 000 euros, acompte déduit. On a eu pas mal de candidats à qui il fallait bien expliquer que la note ne s'arrête pas à l'achat de l'avion. Je les préviens qu'il faut compter au moins 400 000 à 500 000 euros à l'arrivée, voire plus. En plus du prix de l'avion, il faut prévoir le devis pour le transport, le démontage, la sécurité en convoi exceptionnel, une recostumisation éventuelle de l'appareil, sans oublier le terrain pour l'accueillir."
On y vient. L'autre versant de cette histoire, c'est le terrain. On sait qu'il a été acquis par un promoteur immobilier anversois, Arye Van de Kamp, qui a le projet de construire un immeuble d'une quarantaine d'appartements, mais le dossier est bloqué…
"La vente a été réalisée en 2016. La Ville avait accordé un permis d'urbanisme mais c'est au niveau de la Région wallonne que ça a coincé, elle insiste pour qu'une étude du sol soit réalisée, le terrain étant un ancien site minier. Le dossier est en phase d'être finalisé. En attendant, Monsieur Van de Kamp rentabilise ce bien en le louant au Grand Hôpital de Charleroi, qui en a fait un parking. Une fois le permis délivré, le contrat de location s'achèvera dans les règles convenues et le chantier de construction des appartements pourra être lancé."
À condition que l'Airbus ne fasse plus partie du décor, non ?
"On y travaille… car effectivement l'appareil n'entre pas dans les projets du propriétaire du terrain."
