A l'Hôtel Charleroi Airport, les temps sont durs: 1,5M€ de pertes depuis mars
Un Aéropole et un aéroport qui tournent au ralenti ne font pas les affaires de l'hôtel, mais les idées sont là.

- Publié le 26-10-2020 à 12h23
- Mis à jour le 26-10-2020 à 16h14

Véritable ville dans la ville, l'Hôtel Charleroi Airport du groupe Van Der Valk, subit de plein fouet la crise sanitaire actuelle.
L'hôtel situé à Gosselies non loin de l'aéroport de Charleroi et de l'Aéropole est le reflet de la baisse généralisée des activités humaines - économiques et touristiques.
Avec 7 implantations en Belgique, les différents sites subissent la crise de manières différente.
A Gosselies, déjà en mars dernier, alors que le directeur, Ben Worhmann, lançait les festivités des 15 ans de l'établissement, il a dû tout annuler pour cause de confinement général. "Nous avons été prévenus en dernière minute et n'avons rien pu faire du tout. Nous avions pourtant tout mis en œuvre pour un bel anniversaire. Nous avons donc fêté cela entre nous et avons fait plaisir aux habitants du quartier."
Actuellement, la reprise qui s'annonçait est déjà mise entre parenthèses à cause de la recrudescence des cas de covid-19. Cela se ressent car seulement entre 40 et 50 chambres sur les 164 que compte l'hôtel sont occupées. Si en mars le directeur n'avait pas souhaité fermer les portes au public, sa décision serait tout autre si les autorités compétentes venaient à prendre des décisions encore plus contraignantes. "Pendant la première partie nous sommes descendus à seulement 8, 9 chambres d'occupées. Cette fois, si on descend à 15 ou 20 chambres, je pense fermer."
Même si l'hôtel reste ouvert, le directeur regrette de ne pas pouvoir offrir l'ensemble des services qui font qu'une fois la porte franchie, le client vit une véritable expérience. "Nous avons une clientèle constituée essentiellement d'hommes d'affaires. Ils sont souvent seuls et mangent ici. Comment être cohérents si la personne nous commande un repas avec un verre de vin à 19h30 et qu'on ne peut pas lui en permettre un deuxième passé 20h ?"
L'hôtel peut aussi compter sur des espaces de réunions à la location. Là encore, il demeure des zones floues. Un groupe de personnes peut se réunir, mais ne peut pas se faire déposer des sandwiches devant soi à midi. Il est par contre autorisé qu'ils se lèvent, aillent jusqu'à l'espace "sandwiches" et reviennent s'installer à la table de réunion.
Certes, les effets de la crise sont catastrophiques pour l'établissement qui compte 70 équivalents temps plein mais malgré tout, le directeur et son équipe tentent de rester compétitif en proposant de nouvelles activités ainsi qu'en liant de nouveaux partenariats. Chargé de la communication et des activités, Luc Maton nous explique à quel point la région est intéressante et mérite d'être vue autrement.
"Le public d'hommes d'affaires a laissé un peu place à un public plus familial. Nous voulons lui proposer de vivre quand même une expérience mémorable. Nous sommes en relation avec le Bois du Cazier et les organisateurs de la Boucle Noire par exemple. Si les choses s'aggravent, cela met évidemment nos collaborations en péril, mais nous devons rester proactifs et anticiper comme on peut. Nous gardons au programme les fêtes de fin d'année."
Ben Worhmann constate aussi un changement de clientèle. "Nous continuons à faire venir les familles pour qu'elles viennent visiter la région. Depuis la crise nous louons aussi des suites nuptiales ou avec jacuzzi. Les hôtels à Liège et Verviers ont également beaucoup de succès grâce à leur espace Wellness. Dans l'ensemble, les hôtels dépendent beaucoup des activités organisées dans les villes. Pour le moment, il n'y a plus rien."
Avec 1,5 million de pertes depuis le 12 mars, la note est salée pour l'hôtel. Toutefois, le directeur reste confiant et reconnaît que la situation est de l'ordre de l'exceptionnel... avec tout de même des belles histoires, comme cet Américain qui est resté 2 mois dans l'hôtel en attendant ses papiers de retour de la part du gouvernement américain.