Les forces spéciales déployées à Trazegnies: voici ce qu'il s'est réellement passé ce dimanche
Depuis ce dimanche, plusieurs vidéos sont partagées en masse sur Facebook. Une famille s'estime avoir été victime de violence policière. L'intervention musclée mérite des explications.
- Publié le 01-03-2021 à 18h58

Vous avez été nombreuses et nombreux à observer ou à partager des vidéos qui tournent sans cesse sur Facebook depuis ce dimanche. Des images qui ont été capturées par Anaïs, 22 ans : devant sa maison de la rue du Butia à Trazegnies, Anaïs et ses proches ont eu la peur de leur vie lorsqu'ils ont vu débarquer plusieurs policiers de la zone des Trieux, appuyés par l'Unité d'Assistance Spécialisée de la zone de Charleroi, une scène impressionnante.
L'attirail policier était-il démesuré? En fait, les forces de l'ordre sont intervenues à la suite d'une plainte déposée par le géniteur de Julien, le frère d'Anaïs. Ils étaient sur place, lourdement équipés, parce qu'on leur avait signalé un homme potentiellement armé et dangereux. "Julien avait mis en vente une voiture et a reçu un message de son géniteur. Après un jeu d'enchère, il a refusé l'offre. C'est seulement après qu'il s'est rendu compte qu'il s'agissait de lui. Mon frère a disjoncté à cause des insultes échangées et son géniteur lui a donné rendez-vous", détaille Anaïs. Mais Julien se rend alors devant le domicile du géniteur armé d'une machette, avant de retourner chez lui, à Trazegnies. On a signalé aux forces de police des menaces avec machette et une arme à feu.
Lors de l'intervention, à Trazegnies, la situation est tendue : une personne pourrait être armée, les policiers sont protégés par des gilets pare-balles et des boucliers anti-émeutes. Les membres de la famille se montrent agressifs et semblent ne pas obéir aux injonctions policières. Sur les vidéos, on voit plusieurs policiers, boucliers et armes à la main, investir les lieux. Le père et la mère de famille s'en mêlent et Anaïs décide donc de sortir son GSM pour capturer les évènements. Magali, la maman de Julien et Anaïs, tente de s'interposer en protégeant son fils. "On a vraiment pris peur. On était persuadé qu'ils allaient nous tirer dessus", confie Anaïs.
C'est à ce moment-là que la mère est victime d'un coup de pied de la part d'un policier, comme le montre l'une des vidéos. Ce coup de pied pose question : était-il nécessaire, ou non ? Probablement pas, mais on n'a pas de réponse toute faite. D'un côté le policier est censé être un professionnel et garder son calme, de l'autre la mère apeurée ne semble pas réagir aux injonctions répétées de la police.
Par la suite, Julien et sa mère sont interpellés. Julien, suspecté d'être armé et d'avoir proféré des menaces de mort, est emmené au commissariat de police. Là, le jeune homme de 22 ans prétend avoir été victime de coups, il doit encore se faire examiner dans un hôpital. Le parquet de Charleroi confirme ne pas avoir été avisé d'une quelconque plainte. "Nous n'avons pas du tout été informés d'un problème lors de l'interpellation du suspect. Il n'a pas mentionné le moindre problème lorsqu'il a été entendu."
Par contre, une perquisition en flagrant délit est menée au domicile. Et les policiers trouvent une machette sur place. "Il n'y avait par contre pas de trace d'une arme à feu, comme c'était évoqué au départ", précise Vincent Fiasse, procureur du Roi de Charleroi. Entendu, Julien reconnait les menaces et avoir été armé d'une machette, mais il est finalement relâché quelques heures plus tard.
Au lendemain de la scène, la thèse de violences policières est fortement répandue sur les réseaux sociaux. Il y a ces deux arrestations musclées, qui semblent justifiées vu le contexte. Il y a aussi ce coup de pied sur la mère. Et il y a les accusations de Julien, qui dit avoir été frappé au commissariat.
De son côté, Magali, la mère de famille, a rempli un formulaire adressé au Comité P. pour relater les événements. Des constats de lésions ont été établis par des médecins qui ont examiné le fils et la mère de famille.
La zone de police locale des Trieux n'a pas souhaité commenter la scène.
