Meurtre de Romain Martin: "Je lui ai mis un penalty dans la tête", raconte l'accusé aux assises
La présidente de la cour d'assises, Martine Baes, a interrogé lundi matin, Yasin Driessens, 23 ans, accusé du meurtre de Romain Martin commis la nuit du 8 au 9 juillet 2018 à Châtelet. Le jeune homme a déclaré qu'il avait tiré "un penalty" dans la tête de Romain Martin, sans se rendre compte des conséquences de son geste.

- Publié le 31-05-2021 à 13h19
- Mis à jour le 01-06-2021 à 17h01

L'accusé a été abandonné par ses parents à l'âge de trois ans. Placé dans une famille d'accueil à Liège après la mort de sa mère adoptive, il dit avoir été battu, car il était turbulent, susceptible, et n'aimant pas recevoir des ordres. Son comportement n'a pas changé durant son adolescence, se montrant très violent dans les différents centres d'accueil qui l'ont accueilli. A la suite d'automutilations, il a été placé en surveillance psychiatrique, mais il n'a pas souhaité être aidé. Parallèlement, il a été expulsé de toutes les écoles qu'il a fréquentées.
Yasin Driessens a quitté la région liégeoise pour le Pays Noir où il a continué à jouer les caïds. Il pensait se diriger vers un travail dans le bâtiment, mais il n'a suivi aucune formation, se contentant de jouer les gros bras dans le centre de Charleroi. "J'étais impulsif, mal dans ma peau, arrogant", avoue celui qui est tombé sur plus fort que lui en prison, même s'il lui arrive de se montrer arrogant avec les agents pénitentiaires.
De taille moyenne et costaud, Yasin pesait plus de 140 kilos au moment des faits pour un mètre quatre-vingts. En juillet 2018, il était assez nerveux, selon plusieurs personnes entendues dans le cadre de l'enquête. Il fréquentait des mineurs, dont deux qui se trouvaient avec lui le 8 juillet au soir quand il a croisé la route de Romain Martin, lequel se disputait avec sa compagne sur la rue des Brasseurs.
"Nous étions près du café le Châtelet. Ils sont sortis du café, assez éméchés. La femme pleurait. Je suis allé lui demander si ça allait", poursuit l'accusé. "Il m'a demandé une feuille de cigarettes et je l'ai envoyé balader. Romain malmenait physiquement sa compagne. Il lui a fait une clé de bras. Le patron du café m'a dit qu'il avait déjà malmené sa compagne dans le café."
La scène a été filmée et sera diffusée devant la cour lundi après-midi. "Près du kiosque, j'ai cru voir un balayage. Angela a essayé de relever la dame et elle a porté des coups à Romain." L'accusé prétend qu'une patrouille de police est passée mais qu'elle n'est pas intervenue.
Ensuite, l'accusé raconte que Romain Martin a été malmené par ses amis mineurs et qu'il tentait de se protéger le visage. "Je lui ai mis trois claques dans le visage, des claques fortes, des coups de poing dans les côtes, puis un coup de pied dans le visage, un penalty, un coup puissant, mais je ne pensais pas aux conséquences."
Yasin et Pablo ont transporté la victime "pour lui venir en aide", mais Yasin n'a pas appelé les secours avec son téléphone portable. La victime semblait inconsciente. Ils l'ont déposée sur un trottoir "et sa tête a claqué contre le sol". L'accusé ne se souvient plus d'avoir porté d'autres coups, mais il a tiré une photo de la victime, retrouvée par les enquêteurs sur son téléphone portable.
L'accusé a une mémoire sélective et ce qu'il raconte à la cour ne semble pas être la version qu'il a tenue devant le juge d'instruction. Il prétend qu'il pensait avoir bien agi en venant en aide à une femme en détresse.
Le juge d'instruction et les policiers sont attendus à 13h30.
