Le "tri des poubelles" devient obligatoire en janvier 2024 : qu'est-ce que ça change pour vous ?
La Wallonie rend obligatoire le tri des déchets organiques, pour notamment "réduire la quantité de déchets incinérés".

- Publié le 17-12-2023 à 06h00

Vous avez peut-être déjà vu passer l'information par ailleurs : au 1er janvier 2024, grâce à une nouvelle loi de la ministre de l'Environnement Céline Tellier, le tri des déchets organiques biodégradables ménagers et professionnels devient "obligatoire". Qu'est-ce que ça signifie concrètement pour vous et que risquez-vous si vous ne triez pas ?
La réponse est étonnante : rien.
Au cabinet de la ministre Tellier, on reconnaît que "les Wallonnes et les Wallons ont déjà une habitude bien ancrée de tri des déchets", mais cette obligation nouvelle vise à réduire le poids des déchets incinérés et à se conformer aux règles européennes qu'il faudra de toute façon appliquer dans les prochaines années – autant prendre de l'avance. Il y a cinq ans, ces déchets biodégradables représentaient plus de 40 % des contenus de nos poubelles. Or, ce sont des déchets valorisables : que ça soit par biométhanisation pour faire du gaz (notamment pour des chaudières ou des cuisines de collectivité) et du digestat pour enrichir la terre des champs, soit par compostage pour de la "bonne terre" à légumes.
Aucune sanction prévue à ce stade
Mais rien n'est prévu au niveau des sanctions. "L'objectif d'une telle mesure vise une évolution des habitudes par rapport à nos déchets. La première année, soit durant l'année 2024, nous mettrons donc l'accent sur la communication via les intercommunales de déchets qui feront de la sensibilisation (flyers, infos sur les factures, …) plutôt que sur la sanction", nous répond-on.
De fait : l'obligation "de tri" est en fait une obligation pour les intercommunales – Tibi sur une grande partie du territoire chez nous, Ipalle pour quelques communes – de proposer la possibilité de trier. Parce que ce n'était pas le cas partout. Et dans le courant de l'année 2024, des mesures plus spécifiques pour inciter les entreprises et indépendants à trier (on sait que ça n'est pas toujours le cas, NdlR) devraient également suivre. Par contre, rien n'est prévu pour sanctionner le particulier qui déciderait de jeter l'ensemble de ses déchets dans le sac-poubelle blanc ou son conteneur à puce "tout-venant". Hors, évidemment, le prix qui monte en flèche puisque le sac blanc est le plus cher et les conteneurs à puce sont pesés.
Chez Tibi, on a "anticipé la mesure" : toutes les communes sont prêtes depuis janvier 2023
À l'intercommunale Tibi, le tri sélectif pour les déchets organiques est désormais une réalité sur l'ensemble du territoire. Les trois dernières communes ont passé le pas en janvier 2023 (Charleroi, Fontaine-l'Evêque, Chapelle-lez-Herlaimont).
Et ça marche ? Eh bien sans sanctions, pas vraiment. "On a deux kilos par an et par habitant à Charleroi, par exemple. C'est très peu. Sur Châtelet et Fleurus en 2022, c'était 4 kg, déjà un peu plus", répond l'intercommunale. Mais il suffit d'aller se promener en rue la veille d'une collecte pour se rendre compte que beaucoup de gens n'utilisent pas les nouveaux sacs verts, c'est flagrant à Charleroi. "Tout le monde n'a peut-être pas encore tout à fait compris la nuance, nous pouvons faire mieux en prévention", reconnaît Tibi. D'ailleurs, des nouvelles communications devraient se faire à ce sujet. "Mais on n'envisage pas du tout de sanctions, il n'en a même jamais été question chez nous", nous précise-t-on.
Chaque kilo de déchet organique trié permet d'éviter de polluer, pourtant. Autant le savoir !