Châtelet: à la découverte de Rawette, consacré à la photographie, un magazine "décalé, 100% belge"
Un magazine photo a vu le jour. Objectif: mettre en valeur les photographes méconnus établis en Belgique. Son ton se veut aussi très belge.
- Publié le 20-05-2024 à 07h36

Ils sont une bonne dizaine, issus de la région de Charleroi, Châtelet, Forchies-la-Marche, Biesme, Mettet mais aussi de la région du Centre, du Brabant wallon et de Bruxelles, à avoir une passion commune pour la photographie. Une passion que, à, l'initiative du Filamarchois Philippe Vanoudenhove, ils ont eu envie de partager plus largement. Non pas en se mettant eux-mêmes en évidence, mais en faisant découvrir les photographes de talent méconnus établis en Belgique qu'ils ont repérés lors de leurs sorties ou lors d'événements photo.
Le moyen ? Rawette. Un magazine trimestriel, "100% belge": pas seulement en raison de la résidence des photographes mis à l'honneur, mais également pour son esprit: son humour, son autodérision, son empathie. "Notre magazine, dont le 3e numéro vient de sortir, se veut décalé, explique Denis Goemanne, cofondateur châtelettain de la publication. Nous abordons des sujets, des thématiques, tels que la photo subaquatique ou astronomique, pour ne citer que ces exemples, qu'on ne trouve pas spécialement dans les magazines photos classiques. Qui, soit dit en passant, ne sont plus légion chez nous: à notre connaissance, il n'existe plus qu'une seule publication du genre en Belgique francophone."
Cette singularité se traduit dans les rubriques. Ainsi, "Toudis su l'voye" désigne le compte rendu d'une balade photos. "Divan", comme celui du psy, est l'expression libre d'un photographe sur un thème. "A zieuter" met en valeur, avec des grands formats, des œuvres qui trouvent ainsi toute leur force. Avec "Minimalisme", ce sont les photos épurées, souvent très fortes symboliquement, qui sont mises en avant. Les "Jeunes talents" (pas forcément jeunes en âge) ont aussi leur place. Et puis, enfin, "Photo Sensible" aborde des thématiques délicates, avec un traitement qui l'est tout autant. Les monuments funéraires en sont un exemple. Plus difficile encore à aborder, la photographie d'enfants décédés, dont l'origine remonte au XIXe siècle, au Canada. Une interview de la coordinatrice de l'ASBL "Au-delà des nuages" rend compte de l'aide que le travail bénévole de l'association peut rendre aux parents qui lui font appel pour faire le deuil de leur enfant.
Car si La Rawette privilégie logiquement l'image, elle propose aussi des textes – reportages, portraits, entretiens –, et ce sont les initiateurs du projet qui tiennent la plume… bénévolement. Un mot-clé qui permet à la publication d'être autofinancée: les frais de l'impression (de très bonne qualité, soit dit au passage) sont couverts par le seul prix du numéro (5 €, ou 7 € pour 56 pages). Le tout sans aucune publicité ! Ce qui permet, en outre, aux éditeurs d'organiser à chaque parution un concours doté de 150 € de prix pour le lauréat. Le prochain aura lieu le 23 juin: un photo marathon, d'une durée de 4 heures sur 3 thèmes dévoilés en dernière minute, sera organisé à Namur.
On peut se procurer La Rawette sur le site www.rawette-mag.com. Compter des frais de port si une expédition est nécessaire. Un abonnement sera proposé dès janvier 2025.
