Charleroi : voici l'équipe qui dirigera la plus grande ville de Wallonie jusqu'en 2030, "pour donner le meilleur au service de Charleroi"
Outre le nouveau bourgmestre Thomas Dermine, trois nouveaux visages apparaissent dans le futur collège communal de Charleroi. Décryptage.

- Publié le 07-11-2024 à 19h29
- Mis à jour le 07-11-2024 à 19h30

À l'union socialiste communale de Charleroi, le résultat électoral a toujours dicté la composition des collèges. Si le Paul Magnette avait dérogé à la règle pour former l'équipe de la mandature qui s'achève, le casting de son successeur respecte l'ordre des scores : parmi les neuf premiers, deux ont annoncé leur volonté de ne pas monter dans le collège — Magnette l'avait fait avant le scrutin, Isabelle Greco a donné sa préférence à la poursuite de son mandat au parlement wallon.

Des nouveaux visages dans le casting
Outre celui du bourgmestre Thomas Dermine, deux nouveaux visages vont ainsi apparaître au PS, un troisième chez le partenaire de majorité les Engagés. Au bout du compte, il n'y a pas de surprise du chef, sinon dans la répartition des compétences. Un partage qui n'a été dévoilé qu'à la dernière minute, après des caucus en interne au PS puisque les choses étaient déjà arrêtées depuis un certain temps avec les Engagés.
Alors que certains échevins ont obtenu plus ou moins ce qu'ils souhaitaient, d'autres n'ont pas vraiment eu le choix, ou très peu. Les partenaires veulent limiter les risques : la mandature à venir risque d'être très compliquée, notamment sur le plan budgétaire. D'autant que l'opposition MR-PTB sera dure, on en a eu un avant-goût ce lundi lors du dernier conseil.
Thomas Dermine a décidé de ne reprendre qu'une partie des attributions de Magnette : en dehors de la Sécurité qui ressort de sa fonction, il garde l'Aménagement Urbain, le Budget et la Communication mais s'adjuge le Développement économique et métropolitain ainsi que l'Enseignement supérieur.
Si la Première échevine Julie Patte conserve l'Enseignement fondamental, l'Accueil Temps Libre et la Formation, elle troque les Quartiers et la Participation contre la Culture.
Deuxième échevin Les Engagés, Eric Goffart s'adjuge la fonction dont il avait plaidé la création durant la campagne : un regroupement de la Voirie, des Travaux, de la Nature en ville et de la Propreté qui donnent le nouvel échevinat du Cadre de Vie.
Pas de changement pour Karim Chaïbaï qui reste échevin des Sports, des Infrastructures et de la Jeunesse.
Cinquième dans l'ordre de préséance, Babette Jandrain gérera des matières assez diversifiées : Quartiers et Participation, mais aussi Tourisme, Relations internationales, Transition écologique et Bien-Être Animal.
Derrière elle, Mahmut Dogru a dû faire des concessions : celle de la Propreté. Il récupère l'État Civil et la Citoyenneté, les Cimetières ainsi que les Marchés, mais hérite des Bâtiments dont personne ne voulait. Et des Finances, une matière régalienne s'il en est. L'avenir nous dira si le challenge se transforme en boulet enchaîné au pied.
Alicia Monard revient avec un portefeuille entièrement renouvelé. La Mobilité qui s'y trouve n'est pas vraiment un cadeau. Elle a aussi la Sécurité Routière et la Petite Enfance.
Viennent ensuite les nouveaux : Maxime Felon, président de la Sambrienne écarté deux fois du chemin du collège est cette fois investi. Ce sera le nouvel échevin des Fêtes et du Folklore, du Protocole et des Associations Patriotiques avec en plus le Patrimoine.
Ayse Aktas marchera dans les traces d'Alicia Monard dont elle récupère plusieurs attributions : Égalité des Chances, Famille, Intégration, Personnes porteuses de handicap et Santé.
Enfin, les Engagés installent un autre échevin : chef de groupe sortant au conseil communal, Tanguy Luambua sera en charge de l'Urbanisme et du Logement ainsi que du Commerce.
Philippe Van Cauwenberghe va pouvoir poursuivre son mandat dans les mêmes conditions : la présidence du CPAS s'accompagne de la Cohésion sociale et de la politique des Aînés.
Après les visages, le projet de ville
On le voit : tous les échevins et échevines n'auront pas la même barque à manœuvrer. La mule de certains a été chargée. Les nouveaux tirent leur épingle du jeu et ne devraient pas rencontrer de tempête lors de la traversée. Mais parmi les expérimentés, quelques-uns vont au-devant de turbulences : par exemple, Bâtiments et Mobilité ne seront pas une sinécure. Des compétences disparaissent : Emploi, Economie Sociale ou Développement numérique par exemple. Mais cela pourrait être affiné lors de la rédaction du projet de ville qui va être co-construit ces prochaines semaines.
Une avocate pour gérer les débats du conseil communal
Dans leur pacte de majorité, les partenaires PS et Engagés doivent aussi désigner un président du conseil communal : ce sera une femme, candidate d'ouverture sur la liste PS. Ancienne bâtonnière à Charleroi, Nathalie Monforti présentait le profil idéal pour incarner l'autorité et gérer les débats, ce qui n'est pas non plus une partie de plaisir.

Quels seront les chef(fe)s de groupes ? Au PS, ce n'est pas encore tranché. Maxime Hardy qui achève son mandat au collège part dans les favoris, mais son retour au conseil n'est pas encore assuré, il pourrait en effet être empêché par un nouveau défi professionnel. Chez les Engagés, la décision est prise : ce sera Manon Choël.