Assises Hainaut - À son procès, Ali Hellalet nie encore avoir eu l'intention de tuer sa compagne

"Je n'ai pas exécuté ma femme", a soutenu Ali Hellalet mardi devant la cour d'assises du Hainaut. Le trentenaire est accusé d'avoir intentionnellement tué sa compagne Lamia Hadji le 21 février 2022 dans leur appartement de Trazegnies, une section de la commune de Courcelles.

Le trentenaire est accusé d'avoir intentionnellement tué sa compagne Lamia Hadji le 21 février 2022 dans leur appartement de Trazegnies.
Le trentenaire est accusé d'avoir intentionnellement tué sa compagne Lamia Hadji le 21 février 2022 dans leur appartement de Trazegnies. ©D.R.

Après la lecture de l'acte d'accusation par l'avocat général, cette première audience sur le fond du dossier a été marquée par l'interrogatoire de l'accusé. Questionné par le président de la cour, Ali Hellalet a d'abord détaillé son enfance, qu'il a qualifiée de "difficile" en raison de tensions familiales, de problèmes de comportement à l'école et des problèmes financiers rencontrés par ses parents.

Dès 18 ans, le Carolorégien de 36 ans est passé par la case prison pour un vol avec violence dans une habitation et détention d'armes. Entre deux incarcérations, il a ensuite travaillé comme intérimaire. Son casier judiciaire mentionne plusieurs condamnations. Il a notamment écopé de cinq ans de prison en appel pour un vol avec violence dans un commerce. Récemment, il a encore été condamné à Bruxelles le 29 octobre 2024 à six ans de prison dans le cadre du méga-procès Encro, pour trafic de stupéfiants.

Le président a ensuite abordé les circonstances entourant la mort de Lamia Hadji. L'arme du crime "a été achetée sur les réseaux sociaux", a expliqué Ali Hellalet. L'accusé venait d'être condamné à Namur, en septembre 2021, à 30 mois de prison pour détention d'armes et ne pouvait plus en posséder. Poursuivi dans le cadre du procès Encro, il voulait cependant se protéger de certaines personnes "et ne plus faire de transport" de stupéfiants, a affirmé le trentenaire. Des "gens venaient encore chez moi. Ma femme était enceinte", a-t-il justifié.

Lamia Hadji était arrivée en Belgique un an avant sa mort dans le cadre d'un regroupement familial.

Le 21 février 2022, "j'étais énervé car je ne trouvais pas mon arme", a déclaré son compagnon. La jeune femme "est arrivée avec l'arme en mains. Je lui ai dit de ne pas jouer avec ça", a-t-il poursuivi. "Au moment où je me suis saisi de l'arme, Lamia s'est retournée et le coup est parti", a soutenu le Carolorégien en mimant la scène. Lamia Hadji a été abattue d'une balle dans la tête.

Néanmoins, les constatations médico-légales contredisent cette version: la distance de tir ne concorde pas, tandis que l'autopsie n'a relevé aucune trace de poudre sur les mains de la victime. "Nous étions très proches, mobiles", a répondu l'accusé, admettant ne pas pouvoir expliquer la distance du tir. "Je n'ai pas exécuté ma femme en posant l'arme sur sa tête", s'est-il défendu.

Après les faits, l'accusé a conduit son enfant, âgé de cinq mois, chez ses parents avant de raconter les faits à un voisin, qui a appelé la police. Plusieurs heures se sont écoulées entre la mort de la jeune femme et la discussion entre l'accusé et son voisin.

Selon l'accusation, Lamia Hadji souhaitait quitter l'accusé. Interrogé sur ce point, le trentenaire a nié toute violence au sein de son couple, contredisant les déclarations de plusieurs témoins. Il a toutefois reconnu lui avoir mis "trop de pression".

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