Pourquoi le plus gros CPAS wallon vient de revoir ses investissements à la baisse : cinq millions d'euros de projets mis au frigo à Charleroi
En conseil de l'action sociale, le président du CPAS de Charleroi a présenté une modification budgétaire visant à réduire les investissements. Décryptage.

- Publié le 06-10-2025 à 18h00

C'est une tuile pour le plus gros CPAS de Wallonie : "Belfius ayant refusé de financer Charleroi à hauteur de ses besoins, notre institution a dû s'aligner sur le montant de l'emprunt partiel accordé à la ville par la banque", explique le président Philippe Van Cauwenberghe.
En pratique, les projets de son CPAS s'élevaient 14 % de l'enveloppe initiale d'un total de 49 millions d'euros. "Nous les avons ramenés au même pourcentage des investissements qui seront financés, soit 15 millions d'euros." Cela représente 2,1 millions que le CPAS va porter à 3,211 en puisant dans son fonds de réserve. Objectif : faire face à ce qui est indispensable et urgent. "Le plus pressant."
Rénovation, sécurité, bien-être
Un comité de crédit a été mis en place afin d'opérer les arbitrages. Il se réunit chaque semaine, à l'instar de son homologue de la ville. Selon Philippe Van Cau, trois axes de projets ont été identifiés. Primo : la finalisation des chantiers en cours. "Ils concernent non seulement les maisons de repos et de soins de Marchienne et Monceau qui font l'objet de rénovations mais aussi des réparations en urgence à l'espace citoyen de la Docherie." Par ailleurs, le CPAS travaille à l'aménagement de deux antennes sociales, l'une à Monceau, l'autre à Montignies-sur-Sambre. Ce premier axe constitue le principal poste de dépenses d'investissement : près de 2,4 millions.
Deuxième axe : la sécurité et le bien-être. "Le respect de normes est imposé à nos maisons de repos, en termes de conformité incendie, de confort de vie des résidents et de conditions de travail de notre personnel", rappelle le président. "Nous avons chiffré cela à 400 000 euros."
Se protéger de cyberattaques
Troisième et dernier volet : la mise à niveau de l'informatique. Philippe Van Cau évoque les investissements de cybersécurité (pour se mettre à l'abri d'attaques malveillantes comme celle d'août 2023), de renouvellement de licences et de remplacements de serveur. La facture approche les 0,3 million.
"Au bout du compte, nous reportons des projets évalués à cinq millions d'euros", déplore le président. Cette modification adoptée en conseil de l'action sociale devra être ratifiée au prochain conseil communal, dans une semaine.