Mise sous tutelle wallonne de l'EU Biotech School à Charleroi: le ministre Jeholet tacle Thomas Dermine et l'ancien gouvernement régional
"Mal préparé, sans analyse ni moyens de préfinancement, avec des erreurs" : le dossier de l'EU Biotech school à Charleroi dézingué par le ministre Jeholet.

- Publié le 07-10-2025 à 06h00
C'est peu de dire que le ministre wallon en charge de l'Économie et de la Formation n'y va pas avec le dos de la cuiller : dans une réponse écrite à la députée Caroline Dessalle, Pierre-Yves Jeholet (MR) flingue littéralement le projet d'EU Biotech School à Charleroi, initié par le précédent gouvernement (à participation MR) dans le cadre du plan national de relance et résilience. En prenant soin de citer l'ex-secrétaire d'État fédéral PS à la Relance, un certain… Thomas Dermine.
"Tout d'abord, le choix de constituer une ASBL spécifique, dépourvue de fonds propres, mettait à mal le préfinancement", pointe le ministre. Pour lui, "l'absence de plan d'exploitation clair et d'analyse préalable de positionnement de l'offre dans l'écosystème de formation en Wallonie ne permettait ni de garantir le démarrage et la pérennité des activités ni de générer les revenus nécessaires au remboursement sur fonds propres des obligations de l'ASBL."
Amateurisme
Ensuite, "aucune analyse préalable complète de la réglementation européenne sur les aides d'État n'a été réalisée." Or, Jeholet est formel : les subsides octroyés – portant sur l'acquisition d'infrastructures, l'équipement et les frais de fonctionnement – ne sont pas à l'abri d'être considérés comme des aides d'Etat illégales et incompatibles.
Il n'en a pas fini : il dénonce "l'engagement de dépenses non éligibles, notamment en frais de consultance. " Enfin, "le financement de ce centre privé à hauteur de 24 millions d'euros a été accordé sans garantie de contrepartie pour les opérateurs wallons de la formation ni contrôle de la gouvernance." Avant de conclure : "Je n'ose imaginer ce qui aurait été dit si l'actuel gouvernement avait porté un dossier de cette nature !" Et toc.
Face à ces constats, et pour permettre une mise en service cet automne, la Région a repris la main sur le projet. "À mon initiative, un mécanisme exceptionnel d'avance de trésorerie remboursable de 7,5 millions d'euros a été mis en place", note Pierre-Yves Jeholet.
Je n'ose imaginer ce qui aurait été dit si l'actuel gouvernement avait porté un dossier de cette nature !
"Ce dispositif permettra de solder les créances, d'acquérir les équipements et de garantir le respect du calendrier imposé par l'Europe. L'avance sera intégralement remboursée par le bénéficiaire dans l'année suivant le versement des subsides européens."
En contrepartie, des mesures ont été décidées : révision de la gouvernance et des statuts de l'ASBL, transfert de la propriété du bâtiment à la Région, contrôle renforcé… L'accès aux formations sera en outre élargi aux chercheurs d'emploi.