Charleroi n'aura pas d'aire d'accueil pour les gens du voyage... et l'aire provisoire affiche complet jusqu'au printemps!
Lauréate d'un appel à projets wallon en vue de la création d'une aire d'accueil pour les gens du voyage, Charleroi a dû y renoncer. Les subsides sont perdus.

- Publié le 09-10-2025 à 05h00

Sous les précédentes mandatures, Charleroi a cherché les moyens de financer une aire d'accueil permanente pour les gens du voyage. Sortie lauréate d'un appel à projets en 2019, la ville s'était adjugé une subvention de 0,5 million pour équiper un terrain.
"Mais le covid et la guerre d'Ukraine sont passés par là", déplore le porte-parole du collège communal PS-Les Engagés Maxime Hardy. Le dossier a été validé en 2021, la demande de permis introduite l'année suivante. L'aire devait voir le jour en bordure du canal Charleroi-Bruxelles au lieudit du Pircha à Gosselies. "Un édifice communautaire y aurait été construit afin de faciliter l'organisation d'animations à thème, notamment sur la gestion des déchets", pointe la référente gens du voyage de Charleroi, Lindsey Vandenhove.
Près du bois de la Serna
Après un premier refus de permis du fonctionnaire délégué en décembre 2022, un recours a été déposé. Il a donné lieu à un second refus l'année suivante, au grand dam de la communauté nomade. Vu l'impossibilité de relancer une procédure pour un nouveau dossier, il a été signifié à la ville que l'appel était clôturé. Et qu'il n'y avait plus de budget pour cette infrastructure dont le coût avait fortement augmenté. Retour donc à la case départ.
Charleroi a dû se replier sur une aire provisoire, créée à Jumet sur le domaine de son bâtiment des Finances et de l'informatique, le centre DéFI, à l'orée du parc de la Serna. "Nous l'avons aménagé pour offrir une solution aux familles", indique la référente. Raccordement à l'eau, à l'électricité, zone de dépôt de déchets, la jauge est de 15 à 20 caravanes.
Sur réservation
Les usagers doivent s'acquitter d'une redevance hebdomadaire pour leurs charges : elle s'élève à 62 euros par caravane. "Beaucoup de citoyens pensent à tort que les gens du voyage séjournent gratuitement. Or, ils paient des droits d'occupation et de raccordement. "
Ils ont aussi le devoir de veiller au maintien des lieux en bon état, sous peine de se le voir facturer. Les familles restent de trois semaines à la belle saison à un mois ou deux l'hiver. "Et seulement sur réservation !"