Le Hainaut parent pauvre de la santé mentale: proportionnellement deux fois moins de prestataires de soins psychologiques qu'à Bruxelles
La fédération patronale Santhea tire la sonnette d'alarme : la province la plus pauvre du pays est aussi la plus démunie en offre de soins psychologiques.

- Publié le 14-10-2025 à 06h00

Les chiffres d'une récente étude Sciensano sur la santé mentale sont alarmants pour le Hainaut : la province qui concentre le nombre de tentatives de suicide de mineurs le plus élevé du pays (168 en 2023, selon le ministre fédéral de la Santé Franck Vandenbroucke) est aussi celle où l'offre de soins psychologiques est la plus faible.
La fédération patronale Santhea (institutions de soins de santé wallonnes et bruxelloises) le souligne : alors que le taux de 38 % de détresse psychologique approche celui de Bruxelles qui détient le record (39 %), tant le volume de prestations par habitant que de prestataires est en décrochage.
Statistiques
"En 2024, le nombre de prestations n'a été que de 11 par cent habitants, contre 18 dans la capitale, c'est-à-dire près de la moitié", pointe François Leclercq, conseiller santé mentale auprès de Santhea. "Le Hainaut ne compte que 451 prestataires conventionnés, soit 34 pour 100 000 habitants – la densité la plus basse du pays."
Face à cet état de fait et alors qu'en moyenne, un lit hospitalier sur trois est lié à la santé mentale, Santhea demande prioritairement deux choses : d'abord, le renforcement des moyens de prise en charge directe des jeunes, à différents niveaux (y compris l'aide à la jeunesse). Ensuite, l'obtention de la reconnaissance de l'existence de la problématique et l'adaptation de l'offre.
A Charleroi
Au conseil communal de Charleroi, le conseiller PS Yassine Bouhafa a interpellé le collège sur la prévalence des problèmes de santé mentale chez les jeunes. Selon lui, le suicide est la première cause de mortalité des 15-21 ans. "Derrière chaque chiffre, il y a une vie brisée, une famille anéantie, une communauté bouleversée" a d'emblée souligné l'échevine de la Santé Ayse Aktas.
"À l'échelle locale, il appartient aux pouvoirs de proximité, c'est-à-dire aux Villes et communes, de relayer les campagnes de sensibilisation, de mettre en lumière les structures professionnelles qui accompagnent les personnes en détresse, et de créer des ponts entre les actrices et acteurs de terrain."
L'échevine l'a confirmé : le Hainaut reste le parent pauvre de la santé mentale. Proportionnellement, l'offre de soins psychologiques y est deux fois moindre qu'à Bruxelles. "Cela traduit un déséquilibre préoccupant, que Santhea dénonce depuis plusieurs années comme une inégalité de traitement entre les régions."