Violent à deux reprises envers sa compagne, un Carolo entend se reprendre en main pour récupérer ses enfants et intègre la CVC
Denis est en aveu de deux scènes de violence conjugale et a accepté le deal proposé par la justice carolo. En cas d'échec, le parquet a déjà requis une peine de quinze mois de prison.
- Publié le 09-12-2025 à 17h00

"Je m'en voudrais toute de ma vie. Je ne suis pas violent, je n'ai pas de casier judiciaire". Cette phrase, Denis l'a beaucoup répétée ce mardi matin devant le tribunal correctionnel de Charleroi. Pourtant, malgré ce qu'il laisse entendre, le père de famille est renvoyé devant la justice pour deux scènes de violence conjugale…
Un problème de communication
Sur ces deux faits, Denis est en aveu d'avoir violemment réagi face à sa compagne de l'époque et mère de ses deux enfants. Cela a débuté le 1er décembre 2023, quand il est rentré au domicile après avoir fêté la Saint-Éloi au boulot. "Il lui a fait des reproches. La victime a voulu partir du domicile, avec ses deux enfants. Mais le prévenu s'est opposé à ça. Elle dit avoir été étranglée et qu'elle a mordu son compagnon, pour se défendre. Puis elle a été giflée et elle a reçu des coups de pied. Un des garçons du couple est même tombé, suite aux coups du prévenu sur sa compagne", rappelle le parquet.
Plus d'un an plus tard, en mars 2025, une nouvelle violente dispute éclate dans le couple sur le chemin de retour du carnaval de Charleroi. "J'ai littéralement pété les plombs. Je lui ai asséné des coups de pied dans le dos et j'ai cassé du mobilier pour l'intimider et lui faire peur", admet Denis. Selon ce dernier, si l'alcool a joué un rôle important dans la commission des faits, le plus gros problème de son couple concernait la communication. "On n'avait pas de dialogue, on accumulait et on gardait les choses pour nous. Elle aussi buvait beaucoup et elle fumait de l'herbe. C'est une ex-boxeuse et cela tournait mal", ajoute le prévenu.
Intégration à la CVC
Depuis août dernier, le couple est désormais séparé. Cette décision semble avoir changé Denis, puisque ce dernier admet spontanément à la juge qu'il parvient à "mieux se contrôler" depuis qu'il n'est plus en couple. Très ému, le père de famille déplore, par contre, avoir perdu ses enfants. Quand le tribunal lui propose d'intégrer la chambre traitant de la prise en charge des violences conjugales, l'homme violent n'hésite pas à une seule seconde. "Je suis demandeur, parce que j'ai perdu ma famille à cause de ça."
Durant environ une année, ce dernier sera étroitement surveillé par la justice carolo, devra respecter une série de conditions probatoires et s'investir dans des formations ou suivis pour espérer échapper à une sanction judiciaire dite "traditionnelle". En cas d'échec, le parquet a déjà requis une peine de 15 mois de prison. Une formation en gestion de la violence, un suivi psychologique et une absence de consommation d'alcool sont notamment prévus.