Malgré les preuves à charge, dont une tenue vestimentaire et un bandage à la main, Brahim jure ne pas être l'auteur du vol
L'homme suspecté affirme que "deux Marocains, dans la rue, sont habillés comme lui". Coïncidences ou non ? Le parquet n'est pas convaincu par les explications données par le prévenu.
- Publié le 11-12-2025 à 20h00
- Mis à jour le 11-12-2025 à 20h03

Le 28 octobre dernier, vers 21h, l'employé d'une agence de paris sportifs avenue Jules Henin à Charleroi est avisé par une voisine que son véhicule VW Passat, stationné non loin de là, est la cible d'un vol avec effraction. Un suspect a brisé la vitre arrière pour fouiller à l'intérieur de l'habitacle…
Des preuves implacables ?
Une fois sur place, le propriétaire de la voiture constate que l'auteur des faits a quitté les lieux. La voisine, témoin des faits, lui fournit toutefois une vidéo explicite où l'on peut distinguer une tenue vestimentaire précise et le port d'un sac à dos. Une dizaine de minutes plus tard, après avoir cherché à mettre la main sur le voleur, la victime parvient à l'identifier dans le parc jouxtant le site hospitalier Notre-Dame. Avisée, une patrouille policière intervient et prive de liberté Brahim, un sans domicile fixe.
Ce dernier est porteur d'un sac à dos. À l'intérieur, les agents y retrouvent un parfum et une paire de chaussures Karl Lagerfeld. Aucun de ces objets ne fait pourtant partie du butin dérobé et déclaré par le propriétaire de la voiture. Entendu, Brahim est formel : ce n'est pas lui l'auteur du vol avec effraction. Ce dernier ajoute que la paire de chaussures et le parfum découverts dans son sac à dos proviennent d'une poubelle en ville. Pour la tenue vestimentaire et le sac à dos, similaires au voleur dans la voiture, le trentenaire prétend connaître "deux Marocains, dans la rue, habillés comme lui". "Admettons", entend le parquet.
Un timing serré
Ce qui fait sourire l'autorité judiciaire, c'est la réponse donnée par Brahim aux policiers quand ces derniers l'interrogent sur le bandage qu'il présente à la main et qui est étrangement similaire à celui qu'on peut voir à la main du suspect, sur les images du vol. "Il dit que les deux Marocains ont le même bandage. Tout est dit. Les coïncidences, je n'y crois plus des masses. Évidemment que c'est lui qui est filmé en train de commettre le vol", pense le substitut Vervaeren, qui constate, avec ironie, que le sursis octroyé au prévenu en juillet dernier, avec une peine de deux ans de prison, a "porté ses fruits". Alors que le maximum de la peine de prison possible est de 10 ans, compte tenu de l'état de récidive de Brahim, le parquet s'arrête à trois années.
À la défense, c'est un acquittement pour les deux préventions qui est reproché. L'avocat de Brahim a notamment mis en avant le "timing serré" entre le vol avec effraction et l'interpellation de son client, ne lui laissant pas la possibilité de planquer ou de se débarrasser du prétendu butin dérobé.
Jugement la semaine prochaine.