Sa maison vide vandalisée à Charleroi, ville haute: "ils ont tout arraché: éviers, prises, ... ça devient grave! Je vais revendre, je n'en peux plus"
Muriel Lecomte louait cette maison de maître, transformée en sept appartements, jusqu'à encore récemment. Mais en novembre, elle a retrouvé les lieux saccagés : tout a été arraché. Elle témoigne.

- Publié le 11-12-2025 à 06h00

"Quand j'y suis allée le 27 novembre, la porte antivol était entrouverte : le système s'était mis en sécurité car tout l'approvisionnement électrique avait sauté", raconte Muriel Lecomte, 62 ans. Elle se trouvait dans l'ancienne maison de maître familiale, boulevard Solvay à la ville haute de Charleroi, pour une visite de routine en espérant pouvoir relouer les appartements qui y ont été aménagés dans les années 70. Mais ce n'était en fait pas qu'un problème électrique : tout avait été saccagé à l'intérieur.
"Si la porte sécurisée n'était plus approvisionnée en courant, c'est parce que... les câbles électriques avaient été arrachés !" Le spectacle qu'elle découvre fait peine à voir : lambris arrachés, câbles en cuivre sectionnés entre les compteurs et les disjoncteurs, chauffe-eaux et convecteurs démontés gisant sur le sol, éviers cassés pour emmener les robinets, "même les tuyauteries de gaz en cuivre ont été sectionnées et emmenées. C'est un massacre."

Les malfrats sont probablement passés par derrière, une porte-fenêtre montre des signes de pied-de-biche dans les boiseries.
La maison, construite par l'arrière-grand-mère en 1926, ayant souffert des éclats d'obus en 1944 (la Gestapo se réfugiait dans les bâtiments voisins, aujourd'hui le CampusUCharleroi et le musée BPS22) a été transformée en sept appartements. "Je suis en conflit avec la Ville de Charleroi et les pompiers, qui ont fait un rapport négatif alors qu'ils ne sont même pas entrés, c'est écrit dans leur rapport. C'est une autre histoire, mais donc il n'y avait pas de locataires. Et sans locataires, pas de contrôle social..." déplore Muriel. "Moi j'en ai marre, je vais revendre en l'état, c'est bon comme ça. Qu'on ne s'étonne pas que les gens fuient Charleroi."
Pour elle, qui a grandi avec les rues commerçantes et huppées des belles années à Charleroi, la ville haute est devenue un repaire mal famé. "Il suffit de regarder la tête des gens qu'on y croise : des visages ravagés par la drogue, c'est triste à voir alors que le quartier a tout pour lui : la maison qui fait le coin est classée, le devant du campus a été rénové, il y a une belle sandwicherie et un petit libraire qui tente de survivre... il y a du potentiel. Mais il y a de la drogue, et donc de la violence. On a retrouvé un couteau ensanglanté sur le trottoir il y a quelques années, il y a des dealers, il y a des camés." Au coin de la rue d'à côté, en mars 2024, une fusillade a eu lieu - un règlement de compte dans les milieux des stupéfiants.
"C'est une triste histoire", conclut Muriel. "Moi j'ai décidé d'arrêter les frais, mais je n'ose même pas imaginer les milliers d'euros que ça va coûter de tout remettre en état... alors que le vol n'a pas dû rapporter grand chose, ce ne sont que quelques fils, des robinets, des vieux tuyaux."
