Il risque une nouvelle condamnation pour avoir commis des attouchements sur sa jeune fille, après avoir été condamné pour viols sur sa belle-fille
La victime, placée en famille d'accueil, a balancé les agissements de son papa. Ce dernier est également suspecté d'avoir instauré un climat violent à la maison.
- Publié le 02-06-2026 à 18h00

Placée en famille d'accueil d'urgence depuis quatre mois, une jeune adolescente de 12 ans commence à s'ouvrir auprès de sa mère d'accueil. La mineure d'âge balance alors l'horreur dont elle a été, elle aussi, victime au sein de sa propre famille…
Les parents condamnés à dix ans de prison en 2022
La jeune victime dénonce avoir subi des attouchements de la part de Djamel, son papa. Les agissements odieux de ce dernier ont débuté alors que sa fille était âgée de huit ans. "Il me montrait des vidéos pornos et me demandait des choses. Je ne voulais pas, j'ai dit non", explique la mineure à la police. Les agressions sexuelles avaient lieu dans la chambre ou dans le salon. "Elle était envoyée par sa maman pour aller réveiller son papa au matin. Il lui montrait ses parties intimes, lui demandait si elle voulait l'embrasser sur la bouche. Cela a pris fin dès son entrée en prison", détaille Me Valérie Lagneaux, tuteur ad hoc de la victime.
Car oui, ce n'est pas une première pour Djamel. Le 12 janvier 2022, le père de famille fut condamné à une très lourde peine de dix ans de prison pour de multiples viols infligés à sa belle-fille. Sabrina, sa compagne et mère de cette première victime, a également été condamnée à la même peine de prison, en étant considérée comme coauteur des faits commis.
"Regardez ce que j'ai fait pour eux"
Hormis les attouchements commis sur sa fille, il est également reproché à Djamel d'avoir instauré un véritable climat de terreur au domicile familial, en frappant ses quatre enfants et sa belle-fille. D'après ces derniers, le paternel n'hésitait à faire usage d'un bâton de bois, d'une babouche ou encore d'un journal roulé pour les frapper, principalement dans le bas des jambes, en cas de mauvaises notes à l'école ou quand on "ose" répondre à Djamel. "C'est souvent les garçons qui prenaient, surtout l'un d'entre eux", ajoute le tuteur ad hoc.
Djamel, actuellement détenu à Ittre, conteste l'intégralité des faits reprochés. Sourire au coin, le quinquagénaire affirme "n'avoir jamais frappé ses enfants" et pense que "cette fille-là", dixit le prévenu en parlant de son enfant, "a été manipulée" par sa famille d'accueil. "Regardez ce que j'ai fait pour eux. Pourquoi vous ne voyez pas le positif ? Je les ai emmenés à Paris", ose lâcher le détenu. Aux côtés de Djamel, Sabrina est également poursuivie pour une unique prévention de non-assistance à personne en danger envers ses cinq enfants. La mère de famille, elle, adopte une autre défense et admet "ne pas avoir mis ses enfants en sécurité". "Je ne me rendais pas compte des attouchements. La situation était vraiment compliquée à la maison. Il y avait des coups, une fois par semaine", dit celle qui envoyait sa jeune fille dans la chambre de son mari.
Un acquittement plaidé pour les deux prévenus
La substitute Garcez, représentant le parquet, a sollicité une peine de quarante mois de prison contre Djamel et dix-huit mois de prison contre Sabrina. Les deux avocats à la défense ont plaidé un acquittement. L'avocate de Sabrina a notamment insisté sur le climat de terreur dont était également victime sa cliente, pouvant expliquer son absence de réaction.
Jugement le 23 juin.