Propreté: chaque quartier a sa "rue de la honte" à Charleroi, mais cette honte doit changer de camp!

À Charleroi, les interventions propreté de Tibi sont un sparadrap sur une fracture ouverte. Elles ont beau soulager : il faut une responsabilisation collective. Chaque habitant de Charleroi est appelé à "balayer devant sa porte".

Rue des Combles à Montignies-sur-Sambre: les équipes de Tibi passent souvent plusieurs fois par semaine
Rue des Combles à Montignies-sur-Sambre: les équipes de Tibi passent souvent plusieurs fois par semaine ©D.A.

À Charleroi, chaque quartier a sa "rue de la honte". Une rue sacrifiée. Une rue devenue le réceptacle de tout ce dont certains citoyens ne veulent plus voir chez eux : ordures ménagères, meubles désarticulés, matelas souillés, électroménagers hors d'usage, déchets de chantier. Les auteurs de ces incivilités sont-ils seulement conscients de commettre une infraction ? Pas toujours. Il faut en effet les éduquer, leur (ré) apprendre ou leur rappeler les règles. Les responsabiliser.

Les points noirs "propreté" sous la loupe, quartier par quartier, à Charleroi: 615 sacs clandestins fouillés chaque semaine (CARTE INTERACTIVE)

L'existence de ces dizaines de rues que les habitants connaissent n'est pas le plus inquiétant. Le pire, c'est la banalisation. Comme si abandonner ses déchets sur un trottoir pouvait relever d'un droit. Comme si l'espace public appartenait à ceux qui le respectent le moins.

Derrière chaque dépôt sauvage se cache la même logique : quelqu'un passera derrière moi. Et quelqu'un passe effectivement. Les équipes de Tibi viennent évacuer la crasse, nettoient encore et puis encore - depuis des années souvent. Mais chaque intervention a un coût payé par la collectivité : une minorité d'inciviques reporte ainsi la charge de son inconséquence ou de son mépris sur tous les autres.

À Charleroi, ces rues de la honte alimentent une spirale de renoncement. Elles véhiculent le message qu'ici, plus rien ne compte, ce qui anéantit les efforts des résidents qui veulent vivre dans un environnement décent. La répression a ses limites: impossible d'identifier chaque auteur...

Il est temps de nommer les choses. Déposer volontairement ses déchets dans la rue n'est ni un oubli ni une maladresse. C'est un choix. Le choix de faire payer les autres. Le choix de dégrader le cadre de vie de ses voisins. Une ville se juge aussi à la manière dont ses habitants traitent la propriété collective. Les rues de la honte ne sont pas une fatalité : les combattre est notre devoir individuel à toutes et tous.

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