Charleroi: comment 24 écoles maternelles communales vont passer de 100.000 repas scolaires gratuits à zéro à la rentrée prochaine
"Un petit pas pour la réduction des dépenses de la Fédération, un grand pas pour l'aggravation de la précarité infantile". L'échevine Julie Patte en colère.

- Publié le 06-06-2026 à 06h00

La fin des gratuités va faire mal à l'école, en particulier à Charleroi. Depuis janvier, l'accueil extrascolaire des enfants est soumis au paiement d'une contribution parentale. "Les premières factures de garderies viennent d'être envoyées", indique la Première échevine Julie Patte en charge de l'Enseignement.
"Nous avons fait tout ce que nous pouvions pour protéger nos résidents – les familles de Charleroi bénéficient en effet d'un chèque de cent euros par enfant et par an." Pour l'instant, bien que les reconductions d'agents pour la prochaine rentrée aient été lancées en mai, l'effet sur les effectifs reste limité.
"Une légère diminution de la fréquentation est observée, mais elle ne franchit que rarement les seuils critiques qui entraîneraient des suppressions d'emplois, ces derniers étant normés." Le véritable impact viendra ainsi à partir du mois d'août après la reprise des cours.
Pertes d'emplois en vue
Quant à la suppression des repas scolaires gratuits qui étaient proposés dans 24 écoles maternelles du réseau d'enseignement communal, elle entrera en vigueur à la rentrée. "Ce sont 100 000 repas qui étaient offerts chaque année aux enfants", rappelle Julie Patte.
"Cette coupe budgétaire décidée par la Fédération touche directement l'alimentation des enfants, car l'expérience a montré que la fréquentation des cantines payantes était quasi nulle (0 à 3 repas) avant l'instauration de la gratuité. Des efforts sont déployés pour tenter de maintenir une action autour de l'alimentation et, surtout, pour sauver les emplois créés, tant pour l'accompagnement des repas que pour la gestion des cuisines."
Selon l'échevine, cette mesure fragilise tout l'écosystème économique local. "Les entreprises partenaires qui fournissent les repas, dont le volume d'activité dépend du marché public de la Ville de Charleroi, sont en danger. La rupture du contrat pourrait entraîner des pertes d'emplois et remettre en cause la rentabilité de leurs opérations, brisant ainsi un cercle économique vertueux."
Les investissements réalisés par la Ville pour équiper 24 écoles en cuisines professionnelles (fours, installations électriques) aux normes Afsca apparaissent comme de l'argent "jeté par les fenêtres". Une lettre a été envoyée à la ministre pour exiger le respect des engagements pris par décret, dénonçant le revirement politique. L'appel n'a pas été entendu.