Ponts dégradés à Charleroi Métropole: "Est-ce qu'on attend qu'un ouvrage s'écroule ou fasse un blessé avant d'intervenir?" s'inquiète Thomas Dermine
Sur 40 ponts en mauvais état en Wallonie, 21 se trouvent dans les métropoles de Charleroi et de Liège: pour le bourgmestre Thomas Dermine, c'est l'effet d'un sous-investissement de la Région, responsable de ces ponts, dans les grandes villes.

- Publié le 10-07-2026 à 11h29
- Mis à jour le 10-07-2026 à 11h31

Si on a beaucoup parlé du mauvais état des tunnels de Bruxelles dans l'actualité, les ponts de Wallonie ne sont pas en reste: selon un document interne au SPW révélé par la RTBF, 40 ponts (1%) sont dans un état de délabrement avancé.
Et 21 d'entre eux se trouvent dans les métropoles de Charleroi et Liège, cinq sur le territoire même de Charleroi dont une portion du R9 où passent chaque jour près de 50.000 voitures et camions. Le signe, pour Thomas Dermine, bourgmestre de Charleroi, d'un sous-investissement structurel de la Wallonie dans ses grandes villes.
"Est-ce qu'on attend qu'un ouvrage s'écroule ou fasse un blessé avant d'intervenir?" s'inquiète le socialiste. Les "ouvrages d'art" sur les routes régionales sont effectivement une compétence... régionale! Une ville ou une commune ne peut légalement pas y toucher.
La Wallonie a prévu 400 millions d'euros pour rénover ses ponts. Mais seuls 25% de cette somme iront aux ponts les plus endommagés. Selon Thomas Dermine, la volonté affichée de la Région de réparer en priorité les ponts "en cours de délabrement" pour éviter qu'ils ne deviennent des épaves, mais donc sans réparer les ouvrages les plus endommagés - les plus utilisés - n'est pas la bonne: "Il est normal de hiérarchiser les investissements, mais cette hiérarchisation ne peut pas reposer uniquement sur des critères techniques. Un ouvrage emprunté par des dizaines de milliers de véhicules chaque jour n'a pas le même impact qu'un pont assurant une desserte locale." Sans parler, dit-il, de l'impact visuel sur les grandes villes wallonnes: "Nous investissons massivement pour transformer Charleroi, attirer des habitants, des étudiants, des entreprises et des visiteurs. Il est indispensable que la Région accompagne cette dynamique en investissant, elle aussi, dans les infrastructures dont elle est responsable. On ne peut pas parler de redéploiement économique de la Wallonie tout en laissant vieillir les ouvrages qui permettent à ses métropoles de fonctionner."
Le PTB, de son côté, réclame via Germain Mugemangango non seulement des investissements massifs, mais surtout la publication de la liste des ponts endommagés, leur état et le calendrier prévu pour les travaux. "Pourtant, lorsque le PTB a demandé la liste de ces ouvrages, le ministre a refusé de la publier, invoquant un risque de sabotage ou d'attentat. Maintenant que les journalistes ont fait une partie de son travail, le ministre doit faire la transparence."