Une foire à la précarité bientôt à Charleroi: les Equipes Populaires veulent dénoncer le ruissellement de la misère
Les Equipes Populaires réinventent la pêche aux canards. "Un jeu qui nous rappelle que chacun peut être rattrapé par un accident de la vie".

- Publié le 05-09-2026 à 16h00

Portée par Les Equipes Populaires – composante du Mouvement Ouvrier Chrétien, la campagne "Précarité, à qui le tour ? " sera lancée ce dimanche pour trois mois de road movie. Objectif : "Partir à la rencontre du public avec un message interpellant : personne, hormis les ultras riches, n'est à l'abri d'un accident de la vie", selon Eva Anthonis, coordinatrice de la régionale carolo des Equipes Populaires.
Perte d'emploi, maladie, séparation, deuil… Ces événements peuvent nous fragiliser. Avec son slogan "À qui le tour ?", la campagne veut rappeler que la précarité n'épargne personbne. "C'est un peu une opposition au concept de ruissellement de la richesse" poursuit la coordinatrice. "Dans les faits, on constate que c'est surtout la pauvreté qui ruisselle. La classe moyenne en est la première victime. "
Pour rendre ce message concret, les organisateurs ont imaginé une action itinérante baptisée "La foire à la précarité". Plutôt que de multiplier les discours, il s'agit de miser sur des animations accessibles au plus grand nombre. Parmi elles, une grande pêche aux canards, choisie comme symbole des fragilités auxquelles chacun peut être confronté. "Les participants doivent tenter de rester à flots tandis qu'un crochet invisible, représentant les aléas de l'existence, peut à tout moment les faire basculer".
Un moyen d'échange
"Des goodies seront offerts aux participants. Une manière de créer un contact direct avec le public et d'ouvrir la discussion autour d'une réalité souvent réduite à des statistiques."
Après son lancement à Malmedy ce dimanche, la campagne poursuivra son périple dans plusieurs villes wallonnes. Elle fera notamment étape à Charleroi le 13 octobre. La "Foire à la précarité" y prendra place à la place Verte dans le cadre de la semaine de lutte contre la pauvreté.
Le choix de l'espace public n'est pas anodin. Il s'agit de toucher un public large, bien au-delà des personnes directement concernées par la précarité, et de faire de cette question un sujet de société. La campagne entend rappeler l'importance des protections collectives face aux coups durs et contester l'idée selon laquelle certaines personnes seraient, par nature, à l'écart du risque de pauvreté.
Jusqu'à la fin décembre, "Précarité, à qui le tour ?" entend multiplier les rencontres et les occasions d'échanger. Avec une idée en filigrane : la précarité peut commencer par un événement imprévisible, mais ses conséquences dépassent largement les destins individuels.