La ville de Charleroi en recours contre un permis unique qui prolonge l'exploitation de la décharge de Beaumont
Jusqu'à 252 mouvements de camions ont été recensés chaque jour l'an dernier. La Ville dénonce un trafic qui menace la sécurité dans les zones habitées.

- Publié le 26-10-2026 à 08h00

Cinq années d'exploitation de plus pour le centre d'enfouissement technique de Beaumont (CETB), à Monceau : la Ville de Charleroi dit non. Elle vient d'introduire un recours contre le permis unique accordé à l'exploitant par les fonctionnaires technique et délégué de la Région wallonne.
Leur décision prolonge l'activité jusqu'au 31 décembre 2032. Le collège communal demande aux ministres de l'Environnement et du Territoire de l'annuler, au nom de la qualité de vie des riverains.
Ouvert en 2000, le centre disposait d'une autorisation courant jusqu'au 31 décembre 2027. Pour la Ville, "les habitants pouvaient légitimement espérer voir les nuisances cesser à cette échéance. Les prolonger de cinq ans n'est pas acceptable dans les conditions actuelles."
L'enquête publique a recueilli de nombreuses réclamations. Bruit, odeurs, poussières, risques pour la qualité de l'air, du sol et de l'eau : les griefs s'accumulent. S'y ajoute l'insécurité liée au passage des poids lourds, dont le trafic a augmenté.
Excès de vitesse
En 2025, le site a généré jusqu'à près de 285 mouvements de véhicules par jour, dont 252 de camions. Ce dernier chiffre représente une hausse de 50 % par rapport à 2021 et un volume plus de 3 fois supérieur à celui de 2010. Ces déplacements traversent des zones habitées, sur des voiries que la Ville juge inadaptées à une telle intensité.
Sur une liaison du RAVeL, les autorités communales ont relevé des excès de vitesse récurrents. Riverains, piétons et cyclistes en subissent les risques. Le dossier comporte aussi un volet environnemental : selon l'étude d'incidences, les rejets de la station d'épuration du site contribuent à la pollution de deux cours d'eau.
Pour le collège, "poursuivre l'enfouissement au-delà de 2027 n'est pas soutenable." Un recours a été introduit ; la décision revient aux ministres compétents. Leur réponse est attendue pour janvier prochain.