L'homme de 61 ans, détenu à la prison de Leuze-en-Hainaut, a comparu devant la justice ce lundi après-midi pour des faits d'une extrême gravité sur une jeune fille âgée de 11 ans, faisant partie du voisinage direct du domicile de Maurice Lammers et atteinte d'un retard mental. Le parquet reproche à l'ex-truand, déjà bien connu de la justice belge, d'avoir commis des attentats à la pudeur sur la victime et sur sa sœur âgée de 8 ans, mais également un viol sur la jeune fille de 11 ans et d'avoir détenu et acquis des fichiers pédopornographiques.

Le 19 mars 2020, la jeune fille de 11 ans lance lors d'un repas chez son père « Maurice m'a touché la quiquine. » C'est le départ de ce dossier ô combien désagréable et ignoble. Le 7 octobre 2020, Éric Lammers a été arrêté et placé en détention en Serbie sur la base d'un mandat d'arrêt délivré par un juge d'instruction carolo. Après plusieurs mois de détention « particulièrement rudes en Serbie », comme l'avait confié Me Henri Laquay, l'un des avocats au suspect, Éric Lammers avait été remis à la Belgique. Déjà, à l'époque, Éric Lammers contestait les préventions à sa charge.

Et ce lundi, rien n'a changé. Non, il n'a pas violé la principale victime et ne lui a jamais donné ou pris un bain avec elle. Concernant les photos montrant des actes sexuels sur la victime et qui auraient été prises dans la chambre d'Éric Lammers, ce dernier nie être l'auteur de ces abus. « Je ne suis pas l'homme sur les photos, je ne suis pas l'individu qui s'en est pris à la victime. C'est peut-être son père qui l'a incité à dire ça », se défend Éric Lammers.

Maurice Lammers, 86 ans, est lui suspecté d'avoir commis divers attentats à la pudeur sur la même victime, notamment lors de bains dont il se chargeait. « Je n'ai jamais pris aucun plaisir sexuel au contact d'un enfant. Je l'ai regardé toute nue à l'occasion d'un bain, et je l'ai essuyé. Je suis rentré avec elle dans le bain pour la récupérer », explique le prévenu, tout en précisant avoir été porteur d'un caleçon dans l'eau. Pour les 39 photos de la victime trouvées dans son propre ordinateur, Maurice ne comprend pas. « Je ne sais rien des photos qui ne sont pas à moi. C'est bien mon ordinateur, mais tout ce que je sais faire sur un ordinateur, ce sont des enfants qui me l'ont appris. » Le dossier révèle également des bisous sur la bouche, avec la jeune fille, et une incitation à la débauche sur cette dernière et sur un jeune garçon via un film pornographique montré aux enfants.

Pour le parquet, la victime a été manipulée par les deux prévenus, qui ont notamment profité de sa vulnérabilité. Maurice, dont les premières condamnations judiciaires remontent à 1985, est considéré comme un personnage dangereux par le ministère public. C'est pourquoi une peine de 5 ans de prison est requise contre l'octogénaire. Pour Éric Lammers, le constat est similaire. D'autant plus que ce dernier a déjà été condamné en 2007 pour de la pédopornographie infantile, mais également condamné à perpétuité en 1991 par la cour d'assises d'Anvers pour le meurtre de deux bijoutiers anversois et en 2004 par la cour d'appel de Liège pour recel de cadavres. Éric Lammers est également connu pour avoir été interrogé à plusieurs reprises dans le dossier des tueurs du Brabant, organisation criminelle qui a causé la mort de 28 personnes en Belgique entre 1982 et 1985, lors de plusieurs braquages. Une peine de 6 ans de prison est sollicitée contre ce dernier, avec une mise à disposition du tribunal d'application des peines de 5 ans.

Jugement pour le 31 janvier.