Un nouveau centre d’accueil de jour doit être mis en place.

À longueur de journée, on ne cesse de nous répéter qu’il faut se laver les mains régulièrement pour protéger les autres et se protéger soi-même d’une contamination. Avec la fermeture des centres d’accueil de jour d’urgence sociale, les sans-abri n’ont plus accès à cette hygiène élémentaire à Charleroi. En ville, les fontaines extérieures ont été supprimées, il n’y a pas de W.-C. publics et les circuits habituels de survie sont indisponibles. Mercredi, le Resto du cœur et le Rebond ont dû fermer leurs portes pour se conformer aux mesures de prévention épidémiologiques. Mais la solidarité s’organise. Ce jeudi midi, le Rebond a organisé une distribution de sandwichs, plus de 70 personnes en ont bénéficié.

"Le Resto du cœur reprend du service ce vendredi de 11 h 30 à 13 h 30", confirme son président Marcel Leroy. Des lunch packets avec fruit, dessert, eau seront remis aux usagers dans des conditions de sécurité renforcées. La police et un éducateur supplémentaire encadreront en effet les files d’attente. En outre, un plexiglas sera installé au point de distribution pour éviter tout contact direct entre public et travailleurs. Un appel aux dons de savons et produits d’hygiène a été lancé.

Dans les abris de nuit, les capacités ont été revues à la baisse pour s’adapter aux normes de distanciation sociale : le nombre de lits est passé de 33 à 25 à la rue Dourlet, et de 25 à 20 à l’abri supplétif, explique la secrétaire générale du Relais social Geneviève Lacroix. Sur le terrain, les équipes sont déforcées : des travailleurs présentant des symptômes d’infection se sont confinés, d’autres sont malades. "Nous pensons faire appel à des renforts de la Croix-Rouge." Des commandes de matériel de protection ont été effectuées. "Par exemple, 400 masques doivent arriver samedi." De son côté, le CPAS cherche avec le relais social de nouvelles pistes de solutions, pour faire face à une montée de la crise et au confinement éventuel d’un abri de nuit.

Pour répondre aux besoins d’hygiène des précaires en journée, l’ASBL Comme chez nous a identifié une première infrastructure : c’est le hall des cultures urbaines derrière la MPA à Marchienne. "Des espaces sanitaires et douches adaptées y sont disponibles" , selon la directrice de Comme chez nous Sophie Crapez. "De notre côté, la logistique est prête, de l’accueil au nettoyage des locaux. Nous n’attendons que le feu vert de la ville pour avancer."