Jacques Hubinon est décédé la nuit du 27 au 28 avril 2019 chez lui à Marcinelle, après avoir reçu des coups de Johnny Falise, son ex-beau-fils qui lui prenait son argent. Sa compagne, Marie Simon, a également reçu des coups.

L'audition de la juge d'instruction, Elisabeth Gabriel, et des policiers avait pris un certain retard vendredi. Elle a repris lundi matin avec le moment où les accusés ont été privés de liberté. Quelques jours après la mort de Jacques Hubinon, Francine Genicot s'était confiée à un ami, lequel a eu la bonne idée d'appeler la police.

Francine Genicot a été la première à être interrogée par la juge d'instruction après sa privation de liberté, au début du mois de mai 2019. "Elle a déclaré qu'elle était la confidente de Marie, mais qu'elle n'a jamais assisté directement à des coups. Toutefois, elle croyait Marie car, elle aussi, devait remettre de l'argent à Johnny".

La deuxième accusée a déclaré également que Johnny pouvait élever la voix et être exigeant avec le couple formé par Jacques et Marie. "Elle a déclaré que Johnny Falise disposait des cartes bancaires du couple, obtenues sous obligation".

Au sujet de la scène qui s'est déroulée dans le studio de Jacques, la nuit du 27 au 28 avril 2019, la juge d'instruction a interrogé Francine Genicot sur son comportement passif, alors qu'un vieil homme était roué de coups par Johnny Falise. L'accusée a donné plusieurs explications, déclarant notamment qu'elle avait peur de Johnny.

Francine Genicot a été inculpée de non-assistance à personne en danger. C'est la chambre du conseil et la chambre des mises en accusation qui ont estimé qu'elle devait être jugée pour les mêmes chefs d'accusation que son ancien compagnon. "Sa personnalité égoïste m'a marquée, elle avait la possibilité de quitter son compagnon violent", a déclaré la juge d'instruction.

Placée sous mandat d'arrêt, puis sous surveillance électronique, Francine Genicot a été libérée le 20 mars 2020. Elle comparait libre à son procès.

Johnny Falise a été auditionné par la magistrate dans la foulée. Il a déclaré qu'il avait d'excellentes relations avec Jacques Hubinon, lequel a partagé plusieurs années de sa vie avec sa mère. "Il a déclaré qu'il recevait une somme de 200 à 300 euros par mois de Jacques et de Marie. Cette somme lui servait à manger, à acheter ses cigarettes. Jacques lui avait conseillé d'arrêter la drogue, car cela coutait cher". Johnny consommait 2,5 à 3 grammes de cocaïne par semaine.

L'accusé a confirmé qu'il élevait la voix et qu'il pouvait concevoir qu'on puisse avoir peur de lui. Toutefois, ses premières déclarations au sujet de la scène de coups ne collaient pas aux explications données par Marie et Francine, mais aussi par rapport aux premières constatations médico-légales. "Il a précisé qu'il avait donné deux claques et qu'il avait serré monsieur Hubinon à la gorge". Rappelons que l'autopsie a révélé que Jacques Hubinon avait de nombreuses côtes cassées et un important traumatisme crânien, à l'origine du décès.

La juge d'instruction a inculpé Johnny Falise de meurtre, estimant que ce dernier n'ignorait pas la fragilité de Jacques en raison de ses problèmes cardiaques. Johnny Falise est détenu préventivement depuis mai 2019. Au terme de l'instruction, des magistrats professionnels ont estimé que le meurtre n'était qu'une circonstance aggravante d'une tentative d'extorsion. La peine pourrait donc être plus lourde en cas de culpabilité.

Dans cette affaire, il y a un seul témoin, Marie Simon. Le chef d'enquête a entendu cette femme, déficiente mentale, à trois reprises. Le policier se souvient des inquiétudes de cette dame, qui avait peur "qu'on vienne encore la frapper".

Le policier a remarqué qu'une touffe de cheveux manquait sur le crâne de Marie. Elle lui a expliqué que Johnny était violent avec eux et que, le 28, Jacques avait refusé de donner de l'argent à Johnny. Ce dernier serait d'ailleurs encore revenu avec Francine, le 30 avril, obligeant Marie à lui donner son dernier billet de 50 euros.

Depuis la prison, Johnny Falise aurait aussi envoyé son fils chez Marie, pour lui réclamer de l'argent.