Verlaine : Gilbert Bodart poursuivi pour menaces envers un promoteur immobilier
L'ancien joueur de football estimait que l'homme lui devait 100 000 euros dans le cadre de la vente de sa maison et son terrain
- Publié le 13-05-2022 à 17h15
- Mis à jour le 13-05-2022 à 17h46

Le parquet a requis une peine de deux ans de prison ferme à l'encontre de Gilbert Bodart, 59 ans, l'ancienne gloire du football qui, ces dernières années, a plus souvent fait la une de la rubrique judiciaire que sportive du journal. Cette fois encore, c'est sur les bancs d'un tribunal qu'il s'est retrouvé après avoir menacé verbalement et par écrit un promoteur immobilier. Toute cette affaire débute à la suite d'une vente réalisée en 2006 ! A cette époque, Gilbert Bodart décide de vendre une maison et les terrains attenants à Verlaine. La demeure avait été dévastée par une tempête et était inhabitable.
Les terrains n'étaient alors pas constructibles. Un promoteur immobilier, également marchand de bestiaux, a accueilli un moment la famille de Gilbert Bodart chez lui. Ce dernier, avec un autre homme, ont proposé à Gilbert Bodart de racheter sa maison et ses terrains pour tenter, après autorisation de la commune, de construire deux immeubles à appartements. Gilbert Bodart s'est alors fait verser 472 000 euros. Pour une raison nébuleuse, Gilbert Bodart estime que le promoteur immobilier lui doit encore 100 000 euros. Une somme qu'il a décidé de réclamer en… 2020, soit 14 ans après la vente ! Le 17 janvier 2020, le promoteur immobilier s'est rendu au commissariat pour déposer une première plainte, suivie d'une seconde en mars 2021.
En effet, l'homme avait été menacé par Gilbert Bodart, tant par téléphone que par SMS. De plus, Gilbert Bodart a envoyé un récupérateur de créance au domicile de l'homme… L'ancien joueur de football aurait notamment évoqué la présence des petits enfants de l'homme, mais aussi le fait que le foin, qui se trouve en nombre dans sa ferme, brûlait bien… "Je suis cool ici", écrivait Gilbert Bodart qui se trouvait à Ténérife. "C'est mieux sur la mer qu'en terre", avait-il poursuivi. Des menaces qui ont tout à fait été prises au sérieux par le promoteur immobilier. "Il reçoit des menaces explicites d'un repris de justice", a plaidé l'avocat de la partie civile. "Toute la famille a eu peur. Gilbert n'a aucune créance à faire valoir", a estimé l'avocat. Lorsqu'il a été entendu par la police, Gilbert Bodart n'a non seulement pas nié avoir menacé la victime, mais il en a rajouté une couche. Il avait notamment dit qu'il allait le retrouver "au coin d'un bois." Des comportements qui ont fini par entraîner une demande de mandat d'amener pour audition de Gilbert Bodart.
Après avoir été entendu, le suspect a toutefois été libéré sous conditions. Depuis sa condamnation à 42 mois de prison avec sursis partiel pour les faits de la Grotte de Han, il n'a plus droit au sursis, même probatoire. "C'est une personne qui ne devrait même pas se regarder dans le miroir", a estimé Gilbert Bodart. "Il m'a escroqué, mais il a escroqué d'autres gens. On lui a même brûlé sa ferme." Le prévenu est ensuite revenu à de meilleurs sentiments. "Je pense que ma route est droite", a-t-il déclaré devant un tribunal et un parquet légèrement étonnés de cette déclaration. "Elle a toujours été droite…depuis les Grottes de Han", a rectifié Gilbert Bodart. "Il y a eu ce problème d'énervement. Il n'y aura plus aucun contact entre nous. Il sera tranquille. Je vais être honnête et juste. Je veux bien m'excuser, par rapport à lui. Par gentillesse et par respect d'un homme, il n'aura plus jamais d'ennui. Si je fais le moindre problème, vous pouvez me mettre dix ans en prison !"
L'avocat du prévenu a préféré demander une peine de travail. Malheureusement, Gilbert Bodart est en invalidité à 67 pour cent à la suite d'une blessure avec un ballon qui aurait provoqué la perte de son hypophyse. Le tribunal a décidé de remettre le dossier dans l'attente d'un dépôt de pièces permettant d'autoriser ou pas le prévenu à effectuer une peine de travail.