Ces (nombreux) féminicides liégeois
Chaque année, les parquets du pays enregistrent 50.000 dossiers de violence conjugale.

- Publié le 06-07-2023 à 07h00

Alors que les autorités liégeoises présentaient ce mercredi le premier bilan de l'application "App-Elles", lancée sur le territoire en décembre dernier, il convient de rappeler quelques chiffres de faits de violence envers les femmes.
Il y a tout juste deux semaines, la cour d'assises de Liège condamnait Shqiprim Avdyli à 30 ans de prison pour le meurtre (par asphyxie) de son épouse, Fatlinda Bungu, 32 ans au moment des faits. Un xième féminicide commis à Herstal et qui, à Liège comme ailleurs, rappelle combien les meurtres de femmes, parce qu'elles sont des femmes, sont plus nombreux qu'il n'y paraît. Shqiprim Avdyli avait maquillé la scène en suicide. Durant le procès, il niait toute implication et se disait victime d'une erreur judiciaire.
Le 29 mars de cette même année, un rassemblement était organisé à Flémalle afin de rendre hommage à Roxane, une femme de 40 ans tuée par les coups reçus de son compagnon, quelques jours auparavant.
Le 10 septembre 2022, Madisson Hamoir, jeune maman de 27 ans, était tuée d'une balle dans la tête par son ex-compagnon. Privé de liberté, l'homme est rapidement passé aux aveux. Il ne supportait pas la séparation. Madisson a laissé derrière elle deux jeunes enfants dont un nourisson.
Le 3 juillet 2019 en début de soirée, Karine Iskounene, âgée de 56 ans, était frappée de plusieurs coups de batte de baseball. Une somme de 9.000 euros et sa carte de banque lui étaient aussi dérobées. Après avoir nié les faits dans un premier temps Laurent, le compagnon de Karine, était interpellé. Il avouera les faits.
En octobre 2017, Louise Lavergne, étudiante de 22 ans d'origine française et résidant à Liège pour ses études en médecine vétérinaire, était poignardée par son voisin, Patrick Vanderlinden, déjà condamné à deux reprises pour viol sur mineure d'âge et en libération conditionnelle lors du féminicide de Louise.
Ces noms ne sont malheureusement plus inconnus à Liège mais ne sont que ceux qui furent parmi les plus médiatisés en raison des circonstances de la mort des victimes… autant de féminicides s'ajoutant à la (longue) liste des meurtres du genre. En mars dernier, on estimait à 76 le nombre de féminicides commis en Belgique depuis 2020. Un chiffre sans doute encore éloigné de la réalité.
Chaque année en Belgique, les parquets du pays enregistrent 50.000 dossiers de violence conjugale.