Double fracture de la mâchoire après une bagarre à Huy
Un homme, pensant ses enfants en danger, a frappé au visage un piéton dans le centre de Huy en 2022. Ce dernier souffre de séquelles depuis.
- Publié le 11-05-2024 à 18h30

Un Hutois né en 1984 a comparu ce mercredi 8 mai devant le tribunal correctionnel de Huy pour des faits de violence survenus en novembre 2022 avenue Godin à Huy, avec cette circonstance aggravante qu'ils ont causé une incapacité de travail dans le chef de la victime. L'audience ne s'est toutefois pas déroulée comme prévu, les faits devant sûrement être requalifiés.
Les faits ayant été entièrement filmés par les caméras de surveillance de la Ville de Huy, le dossier aurait pourtant dû passer comme une lettre à la poste. Alors qu'il conduisait ses enfants à l'école, le prévenu a aperçu un jeune homme sauter une barrière lors du Rallye du Condroz et débouler au milieu de la route. "Il s'est enlevé puis a tapé sur la fenêtre du côté des enfants, raconte le prévenu. Je me suis garé, je suis sorti, je lui ai mis une claque, c'est un geste que je n'aurais pas dû faire. Je pensais qu'il avait cassé la vitre, à cause des cris des enfants, âgés de 6 ans et 4 ans", s'est-il justifié, précisant que son interlocuteur semblait dans un état second. "J'ai vu qu'il saignait de la bouche, des gens sont venus l'aider, puis j'ai repris la voiture. Plus tard, je suis revenu sur les lieux pour le conduire à l'hôpital mais il n'était plus là", a encore confié cet homme qui travaille dans le bâtiment.
Plus qu'une simple claque
Atteint d'une double fracture de la mâchoire, qui laisse supposer que le coup porté était bien plus qu'une simple claque, la victime avance une version quelque peu différente. Selon le jeune homme, le véhicule aurait touché sa jambe, ce qui l'a poussé à réagir en frappant sur la vitre.
Un certificat médical établit par ailleurs une incapacité à 100 % jusqu'au 15 février 2023. Aujourd'hui, il souffre encore de lésions lorsqu'il se brosse les dents, quand il fait froid, ou quand il joue au foot, par exemple. Son avocate a donc logiquement demandé une expertise au niveau des dommages, sur base de documents médicaux.
Alors que le prévenu a été entendu dans le cadre de cette affaire, l'audition ne figure par ailleurs pas au dossier répressif. C'est sa défense qui a fourni la pièce manquante lors de l'audience.
Cette situation a poussé le président à demander de l'aide à un expert, afin de requalifier les faits.
Sa réponse est attendue pour le 5 juin prochain. Si elle s'avère positive, les conséquences de cette bagarre seront bien plus importantes pour le prévenu, compte tenu de la longue période d'invalidité.