À Liège, il est possible d'emprunter une œuvre d'art comme on emprunte un livre, et ça se passe à l'artothèque du B3

Choisissez le tableau qui vous plaît, emballez-le dans du papier bulle, et rapportez-le chez vous pour l'accrocher dans votre salon durant deux mois, le tout gratuitement.

L'artothèque et sa collection de 400 oeuvres.
L'artothèque et sa collection de 400 oeuvres. ©provincedeliege

En 2014, la Province de Liège met sur pied la première artothèque de Wallonie. Si l'institution fête ses 10 ans, nombreux sont les Liégeois qui ne connaissent pas le principe d'un tel dispositif, ni même son existence.

Que diriez-vous de louer une œuvre comme vous louez un livre ? C'est ce que propose, en gros, l'artothèque. Vous montez au troisième étage du B3, le Centre de Ressources en Outremeuse, vous vous dirigez à gauche, et vous entrez dans l'espace dédié à l'art et à son histoire. Là, vous trouvez des bacs remplis de cadres. Rares sont les utilisateurs du site qui savent qu'il est possible d'y ouvrir un tiroir renfermant du papier bulle, de décrocher l'un de ces cadres, de l'emballer, et de le ramener chez soi pour 30 jours, renouvelable une fois… et le tout gratuitement.

Il y a 10 ans, quand les autorités imaginent cette infrastructure, la volonté première est de rendre l'art aux Liégeois. "L'idée est de démocratiser l'art", explique Pascale Bastin, la responsable du lieu. "L'art acheté avec l'argent du contribuable appartient à la communauté et cette dernière mérite donc de l'afficher dans son salon", ajoute-t-elle. Un comité se charge, deux fois par an, d'acheter des œuvres d'art à des artistes de tous les horizons et de toutes les générations, pour ensuite les inclure dans sa collection, composée de pas moins de 400 pièces.

Liège : l'artothèque des Chiroux
L'artothèque a déménagé en même temps que les Chiroux. © Michel Tonneau

À noter que toutes ces pièces sont des œuvres multiples. Celles-ci sont moins chères à l'achat, puisqu'elles sont reproductibles, si un tirage est abîmé, l'artiste peut le renvoyer, et si un visiteur est intéressé et souhaite garder l'œuvre de manière durable, il peut contacter son concepteur et l'acheter de son côté. Ainsi, pas de peinture, mais des photos, des planches de BD, des gravures, ou encore des sérigraphies, le tout numérisable.

Si le système gagne à être connu, une centaine d'habitués louent, chaque mois, une à deux œuvres, réalisées, à 80 %, par des artistes liégeois. "Nous avons plusieurs œuvres produites, notamment, par des professeurs ou des anciens étudiants de l'Académie des Beaux-Arts et de Saint-Luc", explique la responsable, qui, à l'occasion de l'anniversaire de l'artothèque, a mis en place, avec son département, une exposition dans le hall du B3, à côté du Passage des arts, en vitrine.

Depuis samedi, et jusqu'au 17 août, les passants pourront admirer une centaine de pièces. En parallèle, concerts, ateliers d'écriture, visites guidées et initiations à la lithographie feront vibrer le B3 au rythme de l'été.

La Province annonce d'ores et déjà qu'elle "ne se repose pas sur ses lauriers et envisage de nouvelles initiatives pour continuer à évoluer avec les tendances artistiques contemporaines". Parmi les projets en cours, on compte l'extension des prêts aux collectivités, le développement de nouvelles animations et l'établissement de partenariats avec les écoles et les institutions culturelles.

En outre, l'artothèque ambitionne d'ouvrir son catalogue à l'art vidéo, la 3D, les arts numériques et de nouvelles thématiques en lien avec les Pôles du Centre de ressources, "témoignant ainsi de sa volonté de rester un acteur culturel dynamique et inclusif".

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