À la suite d'un banal différend sur la route, les deux automobilistes en viennent aux mains à Aywaille
Alors que le tribunal avait donné raison à la conductrice qui a subi une incapacité de travail de plus de quatre mois, la cour a retenu la provocation.
- Publié le 27-08-2025 à 14h46

Un automobiliste âgé de 31 ans et originaire de Sprimont a bénéficié d'une suspension simple du prononcé d'une durée de trois ans devant la cour d'appel de Liège après avoir provoqué une incapacité de travail de plus de quatre mois à une conductrice d'Aywaille âgée de 46 ans.
En effet, si le tribunal avait estimé établis une entrave méchante à la circulation et des coups avec incapacité dans le chef du trentenaire et l'avait condamné à un an de prison avec sursis probatoire, la cour a jugé qu'il existait un doute pour l'entrave méchante et que l'automobiliste devait bénéficier de l'excuse de provocation pour les coups !
On s'en doute, les versions des protagonistes sont divergentes. En l'absence de caméra, seules leurs versions et celles des témoins arrivés à la fin de la scène ont pu être prises en compte.
Le 3 juin 2022, vers 16 heures, alors que l'automobiliste circulait sur l'autoroute A26, en direction du Luxembourg, à hauteur de Sprimont, un conducteur de SUV s'est engagé sur l'autoroute.
À l'occasion de cette montée sur l'autoroute, chacun impute à l'autre partie un comportement particulièrement dangereux et agressif.
Selon la dame, l'autre protagoniste, frustré de ne pas avoir pu s'insérer entre un camion et son véhicule, a percuté une première fois volontairement sa voiture, après lui avoir fait des appels de phares. Elle aurait été contrainte d'accélérer pour tenter de le distancer. Mais une autre scène a opposé les protagonistes dans la bretelle de sortie de l'autoroute à Remouchamps.
"Réciproquement les deux conducteurs se sont mis des baffes"
À la suite d'une nouvelle poussée de son véhicule à la fin de la sortie d'autoroute, la dame est sortie de son véhicule et s'est dirigée vers la voiture du trentenaire.
L'un d'eux a tenté d'utiliser un spray lacrymogène dont les parties s'accusent mutuellement, une altercation a débuté. L'homme est sorti de son véhicule et des coups ont été échangés.
L'homme présentait des traces de coups à la jambe gauche, une griffe sur le bras droit et une plaie au ventre. La dame avait des traces de coups sur les jambes, sur les poignets et au niveau du cou.
"Réciproquement les deux conducteurs se sont mis des baffes", a indiqué un témoin. "Le conducteur du SUV secouait fortement la dame et avait clairement le dessus sur elle."
Une personne arrivée après le début de la scène a vu le conducteur "faire voler la dame dans tous les sens."
Selon la cour, l'homme se serait senti menacé avant de répliquer. "En conséquence, au regard du déroulé de la bagarre et de la façon dont les coups ont été portés, il ne peut être déduit une disproportion dans la réaction du prévenu", ont estimé les magistrats.
Selon eux, il n'était pas possible de déterminer si les coups sur la voiture étaient dus au fait que le conducteur lui avait volontairement foncé dessus ou si elle avait provoqué la collision en freinant brusquement devant lui. La conductrice a introduit un pourvoi en cassation.