Le jeune homme s'est filmé alors qu'il se faisait mortellement ensevelir sous un amas d'oxyde de zinc au sein de la société Hydrométal à Engis

Le scaphandrier âgé de 26 ans et originaire de Louvain-la-Neuve est décédé d'un syndrome d'asphyxie aiguë par obstruction mécanique des voies respiratoires suite à un enfouissement.

Sarah Rasujew
Hydrometal
Le jeune homme a tragiquement perdu la vie en travaillant sur le site Hydrométal. ©J. BELT

L'auditorat du travail a requis devant le tribunal correctionnel de Liège des peines de six mois de prison et 4 800 euros d'amende pour les personnes physiques et des amendes de 32 000 euros et 40 000 euros à l'encontre des sociétés suite au décès de Florian Marcelis, le 30 décembre 2021, un scaphandrier qui travaillait sur le site Hydrométal à Engis.

Le jeune homme âgé de 26 ans et originaire de Louvain-la-Neuve était employé par la société JBS. Il est descendu attaché par une corde dans un silo d'une taille de 30 mètres de haut sur 8 mètres de large. Les jours précédents, il était chargé de décrocher les résidus d'oxyde de zinc qui se trouvaient sur la paroi du silo en béton.

Florian Marcelis a pris de nombreuses photos et vidéos qu'il a envoyées à ses responsables hiérarchiques. Ces derniers lui ont notamment envoyé des messages du type "Très bon travail" ou encore : "Parfait, le client va aimer cela."

Le jour de la tragédie, Florian Marcelis a filmé son propre décès. Il est descendu pour inspecter l'avancée des travaux. Il a utilisé une pioche pour mesurer le reste de résidus.

Alors qu'il se trouvait en bas, il a demandé qu'on le remonte pour changer de zone lorsqu'une grande quantité de matière lui est tombée dessus. Il a été enseveli sous un amas d'oxyde de zinc.

Le jeune homme a tragiquement perdu la vie

Lorsque son corps a été sorti de cet amas de matière, le jeune homme était malheureusement décédé. Les images filmées par le jeune homme ont été visionnées par le tribunal.

"S'assurer qu'il ne mettait pas sa vie en danger"

Selon l'auditeur, les photos et vidéos envoyées avant le drame auraient dû alerter ces personnes de la dangerosité du comportement adopté par le travailleur car il se serait retrouvé en dessous de la matière.

Une interdiction qui, selon les prévenus, aurait été connue de tous. "Les supérieurs hiérarchiques devaient le surveiller pour s'assurer qu'il ne mettait pas sa vie en danger", a estimé l'auditorat.

Une règle qui n'était, selon l'auditorat, pas écrite sur le plan particulier santé sécurité, le PPSS comme cela aurait dû être normalement le cas.

"Nous sommes toujours très touchés par le décès de Florian"

L'auditorat reproche notamment aux prévenus l'homicide involontaire de Florian Marcelis. Il s'est opposé à la suspension du prononcé.

Les avocats des prévenus, notamment Me Wilmotte qui représente la société Hydrométal, ont évoqué la compassion des parties concernant ce drame. Ils ont toutefois estimé que la victime était descendue plus bas que ce qu'elle aurait dû. Ils ont plaidé l'acquittement de leurs clients. À titre subsidiaire, ils ont plaidé la suspension du prononcé ou le sursis.

"Nous sommes toujours très touchés par le décès de Florian", a indiqué un des prévenus.

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