Des peines de travail contre les Liégeois qui ont commis des tricheries pour permettre, contre rétribution, d'obtenir des permis de conduire
Certains des candidats avaient raté jusqu'à 17 fois l'examen ou ne connaissaient pas le français.
- Publié le 09-04-2026 à 18h30

Le parquet a requis devant le tribunal correctionnel de Liège des peines allant de 100 à 200 heures de travail à l'encontre d'une vingtaine de prévenus originaires de la région de Liège soupçonné d'avoir participé à un vaste dossier de fraude à l'examen théorique du permis de conduire entre 2020 et 2023.
Le parquet a également demandé la condamnation à un an de prison d'un prévenu qui fait défaut.
Les prévenus doivent répondre d'escroqueries, faux, usages de faux, tentatives d'usages de faux lors de passages et d'utilisations de certificats de permis de conduire théorique, le tout dans le cadre d'une organisation criminelle.
Les suspects avaient mis en place des méthodes de tricheries pour permettre, contre rétribution, d'obtenir des permis de conduire théoriques à des compatriotes qui ne parlent pas le français. Certains avaient déjà fait de nombreuses tentatives infructueuses.
Les rencontres se faisaient au départ de manière fortuite, au détour d'une place, dans un bus ou dans certains cafés. Les individus demandaient à ces personnes si elles étaient en possession du permis de conduire théorique. Si ce n'était pas le cas, ils leur proposaient de leur permettre d'obtenir très facilement le permis de conduire contre la somme de 1 400 euros environ. Certains ont expliqué avoir payé plus de 2 000 euros.
Certains ont profité du port du masque en période de Covid pour se faire passer pour les candidats lors du passage de l'examen. Pour d'autres, c'était le port d'un vêtement muni d'une caméra, mais aussi d'oreillettes qui leur permettaient de recevoir de manière discrète les réponses aux questions qui défilaient sur l'écran.
Déjà condamné à être sédentaire
Les permis litigieux ont été confisqués et annulés par le Ministère des Transports. De cette manière, les suspects ne pouvaient pas se rendre dans une commune pour essayer d'obtenir des duplicatas.
Certains prévenus sont déjà connus de la justice après des condamnations de roulage, de vente de stupéfiants ou encore de traite des êtres humains dans le cadre de trafic d'illégaux.
Les principaux prévenus ont nié les faits en changeant de version.
"Mon client vient d'Irak et il a déjà été condamné à être sédentaire", a plaidé un des avocats. "Il travaillait et tenait un commerce qu'il a dû fermer parce qu'il ne peut plus circuler. Il avait un permis en Irak depuis 2009. Si l'on suit ce raisonnement, lorsque nous nous rendons en Espagne nous ne pourrions plus conduire car nous ne parlons pas la langue."
L'avocat a plaidé l'extinction des poursuites pour dépassement du délai raisonnable car les faits dont son client est suspect datent de 2022.
Il a également plaidé la suspension du prononcé ou une peine de travail minimale.
Une autre audience est prévue pour entendre la fin des plaidoiries.