L'entreprise sérésienne John Cockerill dépasse les 2 milliards € de commandes en 2025 et renforce son ancrage local en province de Liège
L'entreprise sérésienne John Cockerill renforce son ancrage en région liégeoise avec des projets majeurs : un nouveau site de maintenance à Rocourt, la production de tourelles à Loncin à destination de l'Ukraine, ainsi que la mise en service de la plus grande chaudière de récupération au monde.
- Publié le 22-04-2026 à 19h00

L'heure est au bilan pour l'entreprise sérésienne John Cockerill. Et les chiffres sont plutôt bons.
En 2025, le groupe a réalisé des résultats remarquables en franchissant le cap des 2 milliards d'euros de commandes enregistrées. Le chiffre d'affaires est en progression continue depuis 2021. Cela vient confirmer la position de John Cockerill en tant que leader dans la fourniture de technologies pour les secteurs stratégiques de la défense, de l'énergie et de la métallurgie.
Une entreprise qui prend tout d'abord ses racines à la Cité du fer et qui poursuit son développement avec un savoir-faire liégeois qui s'exporte vers le monde entier. Au total, ce sont entre 800 et 1 000 personnes en région liégeoise qui travaillent pour le groupe.
La plus grande chaudière de récupération à Flémalle
Dans le domaine de l'énergie, John Cockerill a mené de front des projets d'envergure en 2025, parmi lesquels la mise en service de la plus grande chaudière de récupération à Flémalle. La chaudière, à trois niveaux de pression et d'une hauteur de 60 mètres, est l'une des plus grandes et des plus efficaces au monde !

Elle récupère la chaleur à la sortie de la turbine à gaz (les gaz passent de 680 °C à 65 °C), la transforme en vapeur et l'injecte ensuite dans une turbine à vapeur afin de générer de l'électricité.
Un modèle qui impressionne et qui séduit déjà des entreprises à l'étranger ayant passé commande. John Cockerill fournit le même type de chaudière en Ouzbékistan. Celle-ci est actuellement en cours d'installation. D'autres seront envoyées à Singapour, en Irak et à Brunéi. Mais à ce stade, la chaudière de Flémalle reste la plus puissante au monde.
Toujours dans le même domaine, John Cockerill poursuit l'assemblage de ses électrolyseurs d'hydrogène sur le site de Seraing.
Par ailleurs, une nouvelle unité de production d'hydrogène vert à Engis est en projet par la société Virya Energy, avec un investissement de 60 millions d'euros. L'hydrogène sera produit par trois électrolyseurs alcalins pressurisés d'une capacité de 5 MW chacun, conçus par John Cockerill.
Des contrats pour la défense
Mais l'entreprise ne se limite pas à cela puisqu'elle développe également du matériel de défense militaire. Et les contrats affluent. On peut citer l'unité de production de Loncin (Ans) et à Aubange, où sont fabriquées des tourelles ensuite envoyées en Ukraine.
"Ça a été testé avec beaucoup de succès par l'armée ukrainienne, qui va acheter 30 tourelles supplémentaires. Cela a été validé au Conseil des ministres en Belgique il y a maintenant plus d'une semaine", indique Jean-Luc Maurange, administrateur délégué chez John Cockerill.

Un succès dans la production de matériel qui va encore plus loin puisque John Cockerill s'est associé avec la FN Herstal et Thales pour créer la coentreprise LS Square. Cette union a permis de conclure un contrat avec l'armée belge pour une durée de 20 ans, avec un montant estimé à 700 millions d'euros.
Le but est de s'implanter sur le site militaire de l'arsenal à Rocourt pour y développer la maintenance des véhicules de la Force terrestre. Ce sont 200 nouvelles personnes qui seront engagées à l'horizon 2028.
"On se réjouit de cette montée en puissance dans la région. On a l'ambition de servir l'armée belge et d'augmenter le nombre de véhicules en maintenance", expliquait Thibault Lambrecht, CEO de LS Square.
Un savoir-faire local qui reste important pour le groupe, qui compte bien poursuivre son développement dans la défense, l'énergie et la métallurgie.
"Je crois que l'environnement géopolitique dans lequel nous opérons montre à quel point ces domaines sont importants pour l'indépendance d'un pays ou d'une région et pour la capacité à avoir une économie soutenue et résiliente", conclut Jean-Luc Maurange.