L'ouvrier est poursuivi pour harcèlement et homicide involontaire après le suicide d'Yvette au sein de son entreprise, la société Galliker
Le jour des faits, la dame a été reçue pendant 45 minutes dans le bureau de son supérieur hiérarchique avant d'en sortir en pleurant.
- Publié le 09-06-2026 à 08h01
- Mis à jour le 10-06-2026 à 11h22

Michel, un habitant de Verviers âgé de 58 ans, doit répondre devant le tribunal correctionnel de Liège d'avoir provoqué de manière involontaire le décès et d'avoir harcelé sa collègue, Yvette Guintens, une cariste habitante de Fexhe-le-Haut-Clocher âgée de 47 ans qui s'est donné la mort dans les locaux de l'entreprise Galliker, le 11 février 2020 aux Hauts-Sarts.
Le tribunal a décidé d'entendre le supérieur hiérarchique des protagonistes. Le jour du drame, quelques heures avant celui-ci, ce dernier a reçu Yvette dans son bureau pendant 45 minutes avant d'en sortir en claquant la porte tandis que cette dernière était vue en larmes.
Peu après, elle a pris une arme à feu et a mis fin à ses jours à l'endroit après avoir envoyé notamment un mail à son entreprise. Elle travaillait comme cariste à l'endroit depuis 17 ans.
Des témoins ont expliqué que Michel ne cessait de tenir des propos dénigrants et insultants visant spécifiquement le fait qu'Yvette était la seule femme à travailler à l'endroit.
Au moins cinq personnes ont expliqué que Michel, se comportait mal avec Yvette.
Le supérieur hiérarchique des protagonistes a été entendu par le tribunal. "Suite au conflit, j'ai essayé de décaler les horaires et de les placer à des postes éloignés."
L'homme a indiqué ne jamais avoir été personnellement témoin de dérapages, mais a confirmé que plusieurs employés de l'entreprise lui en avaient fait part. "Michel n'a peut-être pas compris que les dames avaient leur place dans la logistique."
Des discussions que l'homme a eues avec la dame posent question. Cette dernière l'avait enregistré à son insu. Lors d'une de ces conversations, la dame évoque le fait qu'ils se sont embrassé.
Malgré le flot nourri de suspicions évoquées par les différentes parties, et des messages des plus troublants, l'homme a réfuté toute relation passionnelle. "De mon côté, il est vrai que j'ai peut-être été un peu trop proche d'elle en voulant l'aider à surmonter son conflit avec Michel", a-t-il déclaré en évoquant une relation "paternelle."
Lors d'une des conversations enregistrées, elle lui a évoqué la possibilité de se "tirer une balle dans la tête."
Le jour de son suicide, il a eu un entretien de 45 minutes avec Yvette. Alors qu'il est sorti en claquant la porte, cette dernière a quitté les lieux en pleurant.
L'homme qui n'avait pas parlé de cet élément, a dit ne pas s'en souvenir.
"C'était une personne exceptionnelle, peut-être un peu trop investie dans son travail", a-t-il expliqué en évoquant Yvette. "Michel doit s'en vouloir d'avoir commis de tels faits", a-t-il terminé.
La famille d'Yvette s'est dite "atterrée par le manque de réactivité de la direction qui confine à la non-assistance à personne en danger pour une personne qui donnait tout pour son travail", explique Alain, un des frères de la défunte. "Pour son entreprise, à qui elle a tellement donné qu'elle en a perdu la vie."
La suite de l'audience a été remise.