Projet immobilier à la Basilique de Chèvremont (Chaudfontaine) : la Communauté Historia introduit un recours au Conseil d'État
La Communauté Historia et des riverains demandent au Conseil d'État d'annuler le permis d'urbanisme autorisant un projet immobilier à la Basilique de Chèvremont. Leur recours dénonce "des illégalités entachant ce permis et un projet qui compromettrait le cœur d'un site d'importance européenne".
- Publié le 22-07-2026 à 13h00
- Mis à jour le 22-07-2026 à 15h35

En avril dernier, la DH annonçait en exclusivité l'octroi du permis d'urbanisme autorisant la création d'un projet immobilier au sein de la Basilique de Chèvremont. C'est la SPRL Colline de Chèvremont qui est à l'origine de ce projet d'aménagement de 42 appartements, notamment dans le cloître et les dépendances. Un restaurant y sera également construit (pour faire écho à l'ancienne brasserie Au bon accueil, aujourd'hui fermée) et 81 places de parking verront le jour.
Pour rappel, ce dossier prévoyait la construction de 71 logements à l'origine mais il a été revu à la baisse depuis. Le projet avait été soutenu par la Commune, qui souhaitait lutter contre la dégradation du bien. À noter que plusieurs critères de conservation ont été imposés au promoteur, qui se doit de sauvegarder l'enveloppe extérieure de l'édifice.
De plus, la société propriétaire des lieux, en collaboration avec l'AWAP, le DNF et la Commission royale des monuments a déposé un dossier "qui tient compte des exigences en matière de préservation du patrimoine naturel, architectural et archéologique".
Mais alors que le dossier avance, la Communauté Historia et des riverains annoncent avoir introduit au Conseil d'État afin d'annuler le permis d'urbanisme.
"un simple terrain à valoriser"
"Donner une nouvelle vie à la basilique et au couvent n'est pas le problème. La Commission royale des Monuments, Sites et Fouilles (CRMSF), elle-même juge une réaffectation souhaitable. Le problème, c'est un projet qui traite le site patrimonial le plus important de l'entité comme un simple terrain à valoriser. Un parvis converti en parking, des arbres remarquables abattus, des perspectives historiques privatisées, des conditions de fouilles archéologiques réécrites unilatéralement. Le droit du patrimoine existe précisément pour poser ces limites et nous demandons au Conseil d'État de les faire respecter", explique la Communauté Historia.
Ainsi, le recours dénonce "une autorisation patrimoniale contraire au Code wallon du Patrimoine, un permis qui écarte les critiques de l'AWaP et de la CRMSF sans y répondre, et des dérogations injustifiées au plan de secteur."
Toujours selon la Communauté Historia, "l'extension du parking en zone d'espaces verts repose ainsi sur le postulat erroné que l'esplanade serait déjà "à cheval" sur cette zone, alors qu'elle se situe entièrement en zone d'habitat à caractère rural".