415 nouveaux logements à Burenville : "L'objectif est d'y créer un véritable morceau de ville, pas une simple addition de bâtiments"
Matexi souhaite construire un nouveau quartier résidentiel sur les hauteurs de Liège.
- Publié le 25-08-2026 à 17h20

Matexi est sur le point de présenter, pour la troisième fois, aux habitants de Burenville, son projet Belle Fleur 187. Sur les hauteurs de Liège, en lieu et place de l'ancien charbonnage, une friche industrielle, aujourd'hui majoritairement boisée, est sur le point de vivre une nouvelle vie. En effet, le promoteur immobilier souhaite y construire 415 logements, dont 129 maisons unifamiliales. Si le projet rencontre une forte opposition de la population, qui craint la "destruction d'un poumon vert", les équipes de Matexi espèrent, lors de cette réunion, lever le voile sur de nombreux points et rassurer tant que faire se peut les réfractaires.
Le site est en réalité une ZACC, une Zone d'Aménagement Communal Concerté. C'est donc aux autorités communales à déterminer les affectations possibles de ce terrain de 10,3 hectares. Si de nombreux Liégeois souhaitent que la nature y soit préservée, Matexi, propriétaire des lieux, envisage sa transformation complète… mais "l'objectif est d'y créer un véritable morceau de ville, non une simple addition de bâtiments". Pour ce faire, le promoteur a introduit une demande d'urbanisation qui détermine les parcelles et leur fonction future. Et au total, 70 % de la superficie du site sera naturelle. À noter que 2,5 hectares de zones vertes existantes seront conservés (dont 41 arbres sur 68) et que 600 arbres supplémentaires seront plantés.
Une requalification
Car pour Noemi Tevel, développeuse de projets, il ne s'agit pas "d'une disparition de la nature, mais d'une requalification de celle-ci". "Actuellement, ce bois à la végétation dense mais jeune est fermé au public et sujet aux dépôts clandestins, regrette-t-elle. Avec notre projet, l'idée est d'aménager un parc public et d'ouvrir cette zone sur le quartier qui, trop longtemps, lui a tourné le dos".

"Crèches, écoles, pôle commercial, ligne de Busway, RAVeL, c'est l'emplacement idéal, surtout lorsqu'une telle friche peut être réhabilitée et la périphérie épargnée", insiste Noemi Tevel, particulièrement attentive aux recommandations des riverains et à leurs inquiétudes.
Terrain pollué ?
En termes de pollution, "elle est identifiée et localisée". Ainsi, 9 000 mètres cubes de terres composées de métaux lourds et d'hydrocarbures seront excavés et évacuées pour, à terme, permettre la reconstruction, sans danger, de la partie concernée par la pollution.
Côté mobilité, "il y aura une place de parking par logement, principalement en sous-sol". Au bout des 20 années de chantier, une fois les 415 logements construits, Matexi estime à 190 le nombre de véhicules supplémentaires qui parcourront le quartier aux heures de pointe… à condition que seuls 50 % des déplacements s'effectuent en voiture. "Tous les objectifs communaux et régionaux tendent vers une diminution de la part modale de l'automobile et nous souhaitons construire un projet qui tient compte de cette mission", confie la développeuse, qui rappelle qu'à Burenville, un ménage détient en moyenne 0,8 véhicule.

Plusieurs phases
Quant à la gestion des eaux, le promoteur l'assure : "L'eau s'infiltre aujourd'hui et elle s'infiltrera toujours demain". En effet, l'AIDE a confirmé que le réseau était suffisamment développé pour pouvoir intégrer les nouvelles eaux usées. Quant aux eaux de pluie, elles seront retenues avant de s'infiltrer. "Les toitures végétalisées et les surfaces perméables ralentiront les écoulements plutôt que de les accélérer", détaille l'équipe.
Enfin, le promoteur promet un "chantier organisé par phases afin de limiter les impacts sur le voisinage". Un comité d'accompagnement pourrait d'ailleurs être créé afin d'assurer une communication efficace entre Matexi, les entrepreneurs et les habitants, qui ont jusqu'au 7 septembre pour se prononcer sur le projet. Une fois le permis d'urbanisation obtenu, le promoteur espère un début des travaux pour 2028.
