Une fresque participative au stade de Bielmont tend la main aux femmes victimes de violences : "On veut créer une cellule de soutien"
Sous l'impulsion du Soroptimist Club de Verviers et de l'artiste Françoise Voisin, une grande fresque participative prend actuellement vie sur l'un des murs du stade de Bielmont. Au-delà de l'esthétique, l'œuvre se veut un point d'ancrage, de dialogue et d'aide concrète pour les victimes.
- Publié le 23-10-2026 à 08h30

C'est un chantier singulier et profondément humain qui anime les abords du stade de Bielmont à Verviers. Le mur du stade, initialement gris et froid, prend une tout autre couleur. Grâce à une nouvelle fresque, cette façade de 45 mètres de long se transforme en un message de sensibilisation face aux violences faites aux femmes.
Une œuvre engagée
À l'origine de ce projet se trouve le Soroptimist Club de Verviers, un groupe de personnes engagées qui se battent pour améliorer les droits et la vie des femmes. Pour créer "WOW – Wall Of Women", le club a fait appel à Françoise Voisin, une artiste bien connue en région verviétoise, spécialisée dans les peintures murales. L'artiste a imaginé une œuvre touchante, avec différentes couleurs. "Le dessin montre le parcours qu'une femme pourrait éventuellement vivre lors de moments très difficiles, comme des actes de violences, de harcèlement ou de manipulation." Un problème encore malheureusement très répandu : "Il y a beaucoup plus de personnes qu'on ne le pense qui sont touchées. Même le harcèlement est déjà une forme de violence en soi."

Un soutien complémentaire
Le mur retrace donc le chemin difficile que trop de femmes peuvent vivre. Mais au-delà de vouloir sensibiliser le public face à ces multiples violences, cette fresque devient également un espace de soutien et d'entraide. Au cœur de l'œuvre se trouvera des numéros d'aide, des informations utiles ainsi que des vidéos accessibles par QR codes afin de donner des pistes concrètes pour les victimes. "On veut se servir de cette fresque pour créer une cellule de soutien, de réconfort, mais en même temps une aide autre que la police, qui est bien entendu nécessaire aussi. Ici, c'est un soutien complémentaire, pour permettre aux victimes d'être accompagnées jusqu'à retrouver une liberté", explique encore Françoise Voisin.

Un projet collaboratif
Si le dessin de base a été pensé par l'artiste, la réalisation sur le mur est un travail d'équipe. Chaque citoyen peut venir peindre avec les bénévoles. "On a rendu le projet participatif et de nombreuses personnes sont déjà venues. L'objectif est que chacun puisse s'approprier l'initiative", se réjouit-elle. Le pied du mur devient ainsi un lieu de rencontre : "Les victimes ont besoin de soutien ou simplement de discuter, car elles se sentent seules et isolées. On n'est pas là que pour peindre ; on échange des idées pour s'investir tous ensemble dans un même combat."

Déjà bien avancée, la peinture murale sera officiellement inaugurée à la date symbolique du 25 novembre, journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. Pour l'occasion, un rassemblement se fera sur place, devant la fresque. Pour financer ce projet, le Soroptimist Club fait appel aux dons et a lancé une opération de crowdfunding. Pour les aider : Crowd'in | WOW Wall of Women