Qualifié de "facho" par la FGTB de Verviers, Georges-Louis Bouchez, le président du MR a été accueilli par une haie de déshonneur
Le syndicat socialiste verviétois appelle à l'utilisation d'un cordon sanitaire, comme pour l'extrême droite, envers le président du MR, qui a été accueilli par une manifestation symbolique ce mardi soir à Verviers.
- Publié le 04-06-2025 à 09h36
- Mis à jour le 04-06-2025 à 13h26

La consigne de la FGTB verviétoise était claire : pas le moindre débordement, ce mardi 3 juin 2025 en soirée, lors de la venue de Georges-Louis Bouchez, le président du MR, dans le cadre de la tournée intitulée Azur de conférences du Mouvement réformateur. À Verviers, c'était entre autres avec les ministres Pierre-Yves Jeholet, Cécile Neven et Mathieu Bihet.
Le mot d'ordre avait été donné – et partagé avec la CSC –, pour éviter tout incident et toute réplique du président du MR comme cela s'était produit à Gembloux, le 23 avril dernier.
Excepté par les membres et sympathisants de son parti, le président du MR a été accueilli devant le Théâtre du Peigné (une ancienne salle… syndicale), par une haie non pas d'honneur mais de… déshonneur formée par des militants syndicaux, de la FGTB et de la CSC. Sous l'air du Chant des partisans. les manifestants lui tournaient le dos. Deux grandes banderoles, avec comme inscriptions : "Moins de mépris, plus de tarte au riz" et, plus fondamentalement, "Cordon sanitaire".
Car "on ne discute pas avec les fachos, on les combat", avait explicité peu de temps auparavant le secrétaire régional de la FGTB de Verviers-Ostbelgien, Daniel Richard, lors d'une conférence de presse tenue avec son président, Christian Jacquemin, et, pour protester contre les mesures des gouvernements de droite, Jean-François Tamellini, le secrétaire général de la FGTB wallonne, ainsi que la députée wallonne et présidente du PS verviétois Valérie Dejardin.
Ce n'est pas sa position personnelle qu'il exprimait là mais bien celle des instances de la FGTB de Verviers (qui est une "terre de résistance ", a rappelé Jean-François Tamellini).
C'est "le Bureau exécutif de la FGTB Verviers-Ostbelgien qui a décidé de demander d'appliquer à Georges-Louis Bouchez le principe du cordon sanitaire" utilisé pour ne pas dialoguer avec l'extrême droite.

"Il est urgent de dénoncer les choses par leur nom, il faut sortir des silences complaisants et il est urgent d'être clair et ferme", a scandé Daniel Richard, avant de "faire la démonstration que Georges-Louis Bouchez travaille sur les mêmes fondations politiques que l'extrême droite". Pour le syndicat socialiste verviétois, le président du MR "coche toutes les cases" qui répondent aux critères du philosophe Umberto Eco (et d'autres) pour caractériser "un fascisme permanent". Il appuie sa "démonstration" sur de nombreuses déclarations de Georges-Louis Bouchez, en matière de (non) culture, de complotisme, de "ses flirts avec la xénophobie", etc.
"Il y a un point sur lequel il a franchi toutes les lignes : c'est l'utilisation des classes moyennes contre les classes populaires, les couches les plus défavorisées de la population que lui et plus généralement le gouvernement Arizona vont encore plus précariser, par les exclusions du chômage et d'autres mesures encore, comme les 500 € de pouvoir d'achat en plus qui étaient annoncés pour les travailleurs et qui ne se concrétiseront pas. Le fascisme, c'est la manière dont on monte la classe moyenne contre les classes populaires", a répété le secrétaire régional de la FGTB de Verviers, avant d'aller manifester pacifiquement et symboliquement à l'arrivée du président du MR.