Quaregnon: Le règlement de comptes a viré au meurtre de Medhi Youtichène

Il a été tué dans une ruelle sombre d'une balle en plein cœur en 2014

Caroline Tichon

Il a été tué dans une ruelle sombre d'une balle en plein cœur en 2014

Dans la nuit du 2 au 3 mai 2014 dans une cité quaregnonnaise située à proximité du terril de la Flache, le corps de Medhi Youtichène était retrouvé gisant au sol dans une ruelle. Un seul coup de feu a été tiré, il a été fatal au jeune Montois.

Ce tir meurtrier incombe, selon le ministère public, à Jordy Deverchin (24 ans) qui comparaissait libre ce mercredi devant une chambre correctionnelle à Mons. Il doit répondre de l'homicide volontaire de Medhi Youtichène. Un crime qu'il nie fermement et pour lequel il a réclamé un acquittement pur et simple.

Dès la découverte macabre , la police a privilégié le règlement de comptes comme mobile du meurtre. La victime et le prévenu se connaissent dans un double contexte : celui d'une rupture amoureuse où la copine de l'un a choisi l'autre et celui d'un trafic de stupéfiants. Ce soir-là entre Wasmes et Quaregnon, il y a finalement eu trois scènes de tirs entre plusieurs clans mais avec pour cible Jordy Deverchin. Se sentant menacé et poursuivi, dit le prévenu, il s'est rendu à Quaregnon pour y retrouver sa nouvelle copine et sa cousine. Au même moment, Medhi et deux de ses amis auraient décidé de réitérer un vol dans l'habitation où Jordy résidait.

Si Medhi est la victime décédée dans cette affaire, le jeune homme est aussi connu des services de police pour des vols et de la détention de stupéfiants. D'ailleurs, un jugement récent reconnaît Medhi comme co-auteur d'un vol avec violence chez la copine du prévenu. Ce jugement sera joint au dossier en février.

"Deverchin, je veux ta peau !", "Sors de ta cachette", voilà les gouttes d'eau qui auraient poussé Jordy à se munir d'un calibre 7,65, à sortir par l'arrière de la maison et à tirer en plein cœur sur Medhi avant de prendre la poudre d'escampette durant trois jours. Et là, c'est l'Omertà. Personne ne se connaît, n'a rien vu, ni entendu de cette nuit meurtrière.

Pour l'avocat général, il ne fait pourtant pas l'ombre d'un doute. Le tireur, c'est Jordy. "Des résidus de poudre sont retrouvés, même trois jours après, sur ses mains et son volant de voiture. Le prévenu n'a pas cessé de mentir, il est détenteur d'une arme, il connaissait la victime, son emploi du temps est contredit par les témoins et la téléphonie,…" Douze ans de prison sont réclamés par le ministère public. Le jugement est attendu en février.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...