La photothérapie comme outil pour s'accepter et se redécouvrir malgré le cancer : Les ateliers proposés au sein de l'Intermède, à Mons, cartonnent
Les patients et patientes y trouvent réconfort, écoute et valorisation de soi.

- Publié le 22-03-2025 à 16h02

Utiliser la photographie comme outil thérapeutique : le processus n'est pas neuf. Mais force est de constater que cela porte ses fruits, notamment auprès des patients touchés par le cancer qui fréquentent la maison de ressourcement l'Intermède (CHU Helora), située à Mons. Les ateliers qui y sont proposés sont en effet systématiquement complets.
"Ces ateliers sont le fruit de notre rencontre avec Virginie Delattre, photothérapeute", explique Hélène Leto, coordinatrice de la Maison l'Intermède. "C'est par ailleurs une activité qui n'était que peu proposée dans d'autres maisons de ressourcement, où l'accent est peut-être plutôt mis sur le maquillage ou la photo artistique. Ici, nous entendons aller plus loin dans la démarche."
Épingler un moment, retrouver confiance en soi
Les ateliers peuvent accueillir jusqu'à cinq personnes. "Il n'y a pas de profil type, ce sont aussi bien des hommes que des femmes. Virginie s'adapte aux demandes individuelles. Les photos peuvent donc être prises au sein du groupe ou de manière plus individuelle. Des séances sont aussi parfois organisées en extérieur."
Pour Virginie Delattre, la photothérapie remplit plusieurs objectifs. "J'insiste toujours sur le fait que leur image leur appartient et leur appartiendra toujours ; la photo n'est qu'un outil utilisé pour conserver un souvenir, pour épingler un moment précis du combat contre la maladie, pour retrouver un peu de confiance en soi,… Les patients restent maîtres de ce qu'ils veulent exprimer", insiste la photographe.

"Il n'est pas rare que je rencontre des personnes qui m'expliquent ne plus supporter leur reflet, n'hésitant pas à couvrir les miroirs de la maison pour éviter de se voir. La photo les aide généralement à apprivoiser ce "nouveau eux". Beaucoup sont peu à l'aise au départ mais au fil de la discussion, grâce à la parole et à l'échange, ce sont des personnes qui font preuve d'une très belle créativité."
Si certains clichés sont utilisés dans le cadre de campagne Octobre Rose, la majorité des photos restent privées. "Elles ne sont alors vues que par le patient, éventuellement par sa famille et ses proches. Là encore, chacun reste totalement maître de ses choix. Ce qui est formidable dans ces ateliers, c'est que l'on constate la solidarité qui règne entre patients. Chacun avance à son rythme mais il y a un effet de groupe, une magnifique entraide entre chacun."
À ce jour, les ateliers sont proposés deux fois par mois. "La participation est libre mais je constate que tout le monde répond toujours présent ! D'année en année, ils bénéficient d'un très bon bouche à oreille et de plus en plus de personnes, d'abord réticentes, osent en franchir les portes. C'est très gratifiant, très positif." Les patients peuvent bénéficier d'un total de six séances. Un nombre souvent suffisant pour retrouver un peu de confiance malgré un corps et un esprit inévitablement transformés par la maladie.