Plus de besoins, moins de moyens : L'Épicerie du Cœur de Mons lance un cri d'alarme
Des coupes budgétaires sont annoncées alors que l'association doit composer avec des demandes d'aide en croissance.
- Publié le 16-10-2025 à 17h01

Le 16 octobre, c'est la Journée mondiale du Refus de la Misère. À cette occasion, la fédération des Restos du Cœur de Belgique lance un cri d'alarme et de protestation contre une baisse de 27 à 15 millions d'euros, pour les achats de denrées alimentaires, prévue dans le budget fédéral.
"Alors que la demande reste élevée, le budget 2026 de l'aide alimentaire gérée par le fédéral acte une réduction de 44 %, passant de 27 à 15 millions d'euros. Cela marque un retour à un niveau de financement quasi équivalent à celui d'avant la crise du COVID, à ceci près qu'entre-temps, le nombre de repas servis par les Restos du Cœur a augmenté de manière exponentielle : ils en distribuent aujourd'hui 2,5 fois plus", dénonce la fédération des Restos du Cœur.
Cette diminution des ressources pèse lourdement sur les finances de la Fédération des Restos du Cœur de Belgique, qui voit sa situation se détériorer d'année en année. En 2025, les prévisions annoncent déjà un déficit de 200 000 €, après une perte limitée à 50 000 € en 2024, et un déficit de 400 000 € enregistré en 2023.
Du côté de Mons, les mesures d'économie du fédéral et les incertitudes du côté wallon font également grincer des dents. La présidente de l'Épicerie du Cœur souligne toute l'utilité de l'association. "Nous aidons 250 ménages par semaine, cela représente 700 personnes", indique Liliane Sinigaglia. "Nous travaillons à 90 % par le bénévolat. Concrètement, j'ai deux employées à mi-temps et 80 bénévoles qui représentent 6 équivalents temps plein. La valeur réelle des denrées que nous distribuons représente 510 000 euros par an. C'est possible grâce aux invendus et aux dons. On répond ainsi à une problématique à laquelle les gouvernements ne répondent pas. On devrait être félicité par les pouvoirs publics."
Mais plutôt que d'être félicitée, l'Épicerie du Cœur doit composer avec des coupes budgétaires. Il y a déjà la diminution prévue au fédéral. Quant aux subsides wallons, le ministre de la Solidarité planche sur une réforme des aides qui laisse de nombreuses associations dans l'incertitude. "J'avais déjà interpellé le Premier ministre, je n'ai eu aucun retour. Je vais inviter le ministre-président wallon, Adrien Dolimont, à venir sur le terrain pour qu'il constate de ses propres yeux la réalité que beaucoup de gens endurent", poursuit Liliane Sinigaglia. "Des mesures sont décidées comme la réforme du chômage. On sait déjà qu'elles vont amener plus de personnes dans la précarité et que des associations comme la nôtre seront en première ligne pour les aider. Si à côté de ça, on diminue nos moyens, on court à la catastrophe. Ce système fonctionne à l'envers. On a l'impression que les mesures sont décidées dans la précipitation, sans prévoir les conséquences."