Après les incidents à Mons, le député Éric Thiébaut réclame un renforcement de la sécurité ferroviaire

Il a interpellé le ministre de la Mobilité, Jean-Luc Crucke, jeudi au parlement.

Grégoire Lalieu
Eric Thiébaut, le député-bourgmestre d’Hensies, suit le dossier de la ligne 97 de près.
Eric Thiébaut réclame plus de moyens pour la sécurité dans nos gares depuis de nombreuses années. ©D.R.

Début octobre, les accompagnateurs de train du dépôt de Mons lançaient une grève pour protester contre l'agression d'une de leurs collègues. Une agression de trop. La semaine dernière, ce sont des bandes rivales qui se livraient à une violente bagarre à la gare de Mons.

Ces sujets ont été abordés jeudi au parlement fédéral. Le député Eric Thiébaut (PS) a en effet interpellé le ministre de la Mobilité sur la sécurité dans les trains. "Chaque jour, plus de 670 000 Belges prennent le train", rappelle le député-bourgmestre d'Hensies. "En général, c'est pour aller au boulot, aller à l'école ou rentrer chez eux. Mais soyons honnêtes, aujourd'hui, prendre le train est devenu une vraie galère. Je le constate moi-même en tant que navetteur. Aux retards, annulations et trains bondés s'ajoute aujourd'hui, malheureusement, l'insécurité qui s'invite de plus en plus souvent dans nos gares."

Eric Thiébaut rappelle également que les agents de la SNCB ont essuyé 2100 agressions en 2024 tout en déplorant que l'on diminue les effectifs de la police des chemins de fer et que l'on ferme les commissariats dans nos gares. Il demande au ministre Crucke de dégager plus de moyens pour la sécurité dans nos gares et plaide pour une meilleure coordination entre la police locale, la police des chemins de fer et Securail.

Grève émotionnelle des accompagnateurs de train à Mons après l'agression d'une collègue

Le ministre de la Mobilité a expliqué que Securail renforçait sa présence visible, notamment aux heures de pointe et sur les points sensibles. "En 2024, les équipes ont mené plus de 37 000 interventions, accompagné 41 800 trains et dressé 14 000 procès-verbaux. En 2025 – année du début de mon mandat –, nous avons augmenté encore de 28 % le nombre de trains surveillés", détaille Jean-Luc Crucke.

Les agressions étant souvent liées à une discussion sur la fraude et se répétant généralement dans les mêmes gares, le ministre évoque la possibilité de placer des portiques pour accéder aux quais. "Ce n'est pas généralisable partout, mais là où les incidents sont répétitifs, il faut pouvoir étudier le système."

La sécurité passe aussi par la technologie. "Le centre opérationnel traite plus de 119 000 appels et supervise 11 667 caméras. Depuis juillet 2025, les images sont partagées en temps réel avec 150 zones de police, ce qui améliore bien évidemment la rapidité de l'intervention", poursuit Jean-Luc Crucke. "Nous déployons des colonnes SOS, un éclairage LED, procédons à des fermetures nocturnes d'accès secondaires et instaurons un protocole de maintenance en 48 heures pour éviter l'effet vitres brisées."

En outre, un nouveau système permet depuis juillet à la police d'avoir connaissance en temps réel, via des caméras, des incidents qui se passent dans et autour des gares. En matière de prévention, le ministre entend renforcer les patrouilles sociales, la lutte contre l'intimidation et le soutien au personnel. Enfin, avec le ministre de l'Intérieur, Jean-Luc Crucke souhaite équiper rapidement les agents de Securail de bodycams.

Des mesures qui ne convainquent pas Eric Thiébaut. Il dénonce un transfert de charges vers les polices zonales et les communes de manière générale. "La situation que nous vivons aujourd'hui est l'héritage de ce que M. le ministre Jambon a fait avec le Premier ministre Charles Michel, c'est-à-dire sabrer dans le budget de la police des chemins de fer et, surtout, fermer des commissariats dans une série de gares du pays. Aujourd'hui, malheureusement, le gouvernement Arizona va dans la même direction", réagit le député socialiste. "Comment voulez-vous, monsieur le ministre, qu'un navetteur comprenne qu'on impose des centaines de millions d'économies pour le rail, mais qu'on trouve des milliards pour acheter des avions de chasse américains ? Ce n'est pas possible, monsieur le ministre !"

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