La plainte d'Opaline Meunier pour abus de confiance et usurpation d'identité contre Stéphane Bernard classée sans suite par le parquet
Le dossier avait fait grand bruit à Mons.

- Publié le 11-12-2025 à 18h01

C'était en juin 2024, il y a donc plus d'un an. Opaline Meunier (Mons en Mieux), conseillère communale à Mons mais aussi administratrice de l'Agence Locale pour l'Emploi (ALE), déposait alors deux plaintes contre Stéphane Bernard (PS), alors échevin et président de la structure. L'une pour abus de confiance, faux et usage de faux et usurpation d'identité. L'autre, déposée en qualité de témoin, l'était pour des faits de harcèlements et intimidations.
Ces deux plaintes ont finalement été classées sans suite au motif de "charges insuffisantes", nous confirme le parquet de Mons pour le dossier d'abus de confiance. "La date du dépôt de ces plaintes et leur diffusion médiatique en pleine campagne électorale révèlent une manœuvre politique particulièrement grossière de la part de Madame Meunier. Son objectif était clair : se faire de la publicité au détriment d'un adversaire", estime aujourd'hui Julien Uyttendaele, avocat de Stéphane Bernard.
"Malgré ces classements sans suite, ces plaintes ont eu des répercussions politiques importantes. Le mal est fait : La réputation de mon client a été gravement ternie durant une période extrêmement sensible, en raison de l'échéance électorale à venir (les élections communales d'octobre 2024, NdlR). Les frasques médiatiques de Madame Meunier ont inévitablement pu convaincre certains électeurs de changer leur décision dans l'isoloir. Ce genre de dossier laisse des traces."
Possible plainte pour calomnie
L'avocat, qui évoque un dossier "vide" souligne la différence incontestable entre le temps médiatique et le temps judiciaire. "Madame Meunier le savait parfaitement. Mon client a été entendu en septembre 2024, mais les décisions de classement sans suite sont intervenues lorsque le mal était fait. Monsieur Bernard n'exclut pas de déposer plainte pour calomnie. L'instrumentalisation de la justice à des fins politiques n'a pas sa place dans une démocratie."
De son côté, Opaline Meunier dit ne pas avoir pris connaissance de la décision du parquet de classe sans suite sa plainte pour faux et usage de faux et usurpation d'identité. "Je n'ai pour l'instant pas reçu d'information en ce sens. À l'époque, j'ai déposé plainte sur conseil de l'employée Belfius qui avait constaté la demande de prêt et qui m'a fourni confirmation qu'elle avait reçu ma carte d'identité de la part de M. Bernard", explique-t-elle.
"Ce mail émanant de Belfius (et non de ma main) est dans les mains de la justice, qui n'a pas prononcé non-lieu ou acquittement. Le parquet dit simplement qu'il décide de ne pas poursuivre. Le sens des priorités du parquet lui appartient. Ce n'est pas une décision qui dit que Stéphane Bernard n'a pas fait ce que je démontre. De mon côté, les faits ont eu lieu et sont indiscutables et ne sont pas très politiques : personne ne peut solliciter un prêt bancaire au nom d'autrui ou d'une ASBL qui n'a pas donné son accord."
La plainte pour harcèlement était quant à elle entre les mains de l'auditorat du travail. Dans ce dossier, Stéphane Bernard n'a pas été auditionné, selon son avocat.