L'Entraide de Ghlin face à de sérieuses difficultés financières : Le ministre Coppieters évoque une "mauvaise gestion administrative"
L'asbl est subsidiée mais le ministre précise que certains dossiers sont restés incomplets.

- Publié le 06-01-2026 à 14h58

Créée en 1967, l'ASBL L'Entraide de Ghlin joue depuis près de 60 ans un rôle essentiel dans la région montoise. Active dans l'insertion sociale et la lutte contre l'isolement, elle assure aussi une aide alimentaire pour les personnes qui peinent à joindre les deux bouts. Mais aujourd'hui, la structure traverse une zone de fortes turbulences financières.
La situation a interpellé le député Guillaume Soupart (MR), qui a questionné le ministre wallon de la Santé, de l'Environnement et des Solidarités, Yves Coppieters (Les Engagés), sur les perspectives de survie de l'association, récemment contrainte de lancer un appel aux dons.
Dans sa réponse, le ministre rappelle que L'Entraide de Ghlin est agréée comme service d'insertion sociale (SIS) et bénéficie, à ce titre, de subsides régionaux. "Elle bénéficie de subventions couvrant les frais de personnel du travailleur social affecté à ce service ainsi que des frais de fonctionnement", précise Yves Coppieters.
Des subsides… mais des justificatifs incomplets
Pour l'année 2024, l'ASBL a perçu une avance de 54 966,23 euros, complétée par un solde de 12 925,41 euros, soit un total contrôlé de 67 891,64 euros. Un montant inférieur à ce que prévoyait l'arrêté ministériel. "L'opérateur n'a transmis des pièces justificatives que pour 67 891,64 euros", souligne le ministre, ajoutant que moins de la moitié des frais de fonctionnement annoncés ont été justifiés.
En 2025, une nouvelle avance de 44 352,63 euros a été versée. "Le solde calculé est de 41 174,94 euros, soit un total de 85 527,57 euros, qui devra être justifié pour le 1er mars au plus tard." Alerté par l'administration, le cabinet ministériel a été informé dès l'été 2025 des difficultés rencontrées par l'ASBL. "L'opérateur signale des problèmes pour assurer le paiement du travailleur social subsidié", rapporte le ministre.
Mais celui-ci se montre clair : "La subvention SIS couvre l'intégralité du salaire du travailleur social. Il ne m'est pas possible d'octroyer des montants supplémentaires qui ne pourraient en aucun cas être justifiés." Les difficultés ne s'arrêtent pas là. L'association évoque également des problèmes liés au personnel non subsidié et à des régularisations salariales rétroactives, ce qui a conduit au licenciement d'une secrétaire, sans pour autant résoudre le manque de fonds propres.
Une gestion administrative pointée du doigt
Autre élément mis en avant par le ministre : une subvention accordée dans le cadre du Plan Marshall 2.Vert, pour laquelle les justificatifs n'ont pas été transmis durant plusieurs années. "Malgré les rappels de l'administration, la subvention a continué à être octroyée annuellement", explique Yves Coppieters. Ce n'est qu'en 2024 qu'un dossier complet a finalement été introduit et liquidé. "Les difficultés rencontrées par cette ASBL dépassent donc le cadre de la subvention liée à son agrément", résume le ministre.
Et l'aide alimentaire ?
Concernant la distribution de colis alimentaires, le ministre rappelle que cette activité ne relève pas des dispositifs subsidiés par le SPW. Il suggère toutefois une piste : "L'ASBL pourrait se rapprocher de l'Organisme wallon de concertation de l'aide alimentaire […], qui pourrait l'accompagner dans le développement et l'amélioration de son projet."
Si la mission sociale de L'Entraide de Ghlin reste unanimement reconnue dans la région de Mons, la réponse ministérielle met en lumière une réalité plus complexe : Au-delà des subsides, la survie de l'association passe aussi par une stabilisation de sa gestion financière et administrative.