Cinq éoliennes en projet entre Mons, Binche et La Louvière par wpd Belgium : "L'étude d'incidences sera déterminante pour que nous prenions position"
Une réunion d'information préalable au public sera organisée le 10 juin à Spiennes.

- Publié le 29-05-2026 à 15h02

La première étape administrative d'un nouveau dossier éolien s'apprête à être franchie dans la région de Mons et du Centre. La société wpd Belgium envisage en effet d'introduire une demande de permis unique pour la construction et l'exploitation de cinq éoliennes au total, réparties entre Mons, Binche et La Louvière.
Le projet prévoit deux éoliennes sur le territoire de Mons, une à Binche et deux à La Louvière, au nord des villages de Villers-Saint-Ghislain et Bray, le long de la N90. L'ensemble représenterait une puissance maximale de 36 MW et comprendrait également les infrastructures annexes nécessaires : chemins d'accès, aires de montage, câbles électriques et cabine de raccordement. Plusieurs communes sont concernées par l'étude d'incidences sur l'environnement, conformément au Code de l'Environnement, à savoir Estinnes, Quévy, Mons, Le Roeulx, La Louvière et Binche.
Réunion publique le 10 juin à Spiennes
Avant toute introduction de demande de permis, une réunion d'information préalable (RIP) sera organisée le 10 juin 2026 à 19h, à la salle Calva de Spiennes (Mons). Elle permettra au porteur de projet de présenter son dossier, mais aussi aux citoyens de poser des questions, formuler des observations et proposer des alternatives techniques. Un enregistrement de la réunion sera également accessible en ligne dès le surlendemain via le site du promoteur. Les citoyens disposeront ensuite de 15 jours après la réunion, soit jusqu'au 25 juin 2026, pour transmettre leurs remarques officielles au Collège communal de Mons.
Un territoire déjà fortement sollicité
Ce nouveau projet s'inscrit dans un contexte où plusieurs parcs éoliens sont déjà présents ou en développement dans la région. Une situation qui alimente régulièrement les débats locaux sur l'accumulation des infrastructures et leur impact paysager. Du côté de la Ville de Mons, l'échevin de l'Urbanisme et de l'aménagement du territoire, Maxime Pourtois (LB), rappelle que le dossier sera analysé avec prudence, dans l'attente des résultats de l'étude d'incidences.
"Le territoire de Villers-Saint-ghislain/Harmignies/Saint-Symphorien est déjà largement concerné par plusieurs projets éoliens. À ce stade, nous estimons qu'il faut attendre les conclusions de l'étude pour nous positionner sur la demande de permis", explique-t-il. L'échevin souligne toutefois une inquiétude liée à la concentration des projets dans cette zone: "On constate que ce secteur est déjà fortement impacté visuellement par les éoliennes existantes ou projetées."
Maxime Pourtois rappelle également que tout avis émis par le collège communal de Mons s'inscrit dans le cadre du "cadre éolien" en vigueur, qui fixe plusieurs critères environnementaux et de cohabitation avec les riverains. "Si le cadre est respecté et qu'il n'y a pas de nuisances supplémentaires pour les habitants, un projet peut être envisageable. Mais nous restons très attentifs aux effets cumulés et au besoin, nous prendrons nos responsabilités", précise encore Maxime Pourtois.
L'échevin insiste sur un point central : l'étude d'incidences devra démontrer l'absence d'impacts significatifs sur la biodiversité et sur la qualité de vie des riverains. À défaut, la Ville pourrait s'opposer au projet. Enfin, il rappelle que la région fait déjà face à d'autres dossiers sensibles, notamment un projet porté par Luminus, contre lequel la Ville s'est déjà positionnée de manière critique en introduisant un recours au conseil d'État.
Phase consultative
À ce stade, le projet de wpd Belgium n'en est encore qu'à une phase préliminaire. La réunion d'information préalable constitue une étape obligatoire avant le dépôt officiel de la demande de permis. La suite dépendra donc largement des résultats de l'étude d'incidences et des réactions citoyennes qui seront récoltées dans les semaines suivant la réunion du 10 juin. De son côté, la société wpd n'a pas souhaité réagir ou commenter le dossier avant sa présentation officielle.
