Abeilles sauvages : Une étude de l'UMONS révèle la richesse exceptionnelle des parcs nationaux wallons

Une étude menée par l'UMONS met en évidence le rôle crucial des parcs de l'Entre-Sambre-et-Meuse et de la vallée de la Semois dans la préservation d'espèces rares et menacées.

abeille fleur
En Belgique, plus de 400 espèces d’abeilles ont été recensées. ©Copyright (c) 2025 Shohel Rana Pro/Shutterstock. No use without permission.

Les deux premiers parcs nationaux de Wallonie confirment leur importance pour la préservation de la biodiversité. Une étude menée par le laboratoire de zoologie de l'Université de Mons (UMONS) a permis d'y recenser plus de 150 espèces d'abeilles sauvages, dont une trentaine sont considérées comme menacées d'extinction ou extrêmement rares en Belgique.

Créés en décembre 2022, le Parc national de l'Entre-Sambre-et-Meuse et le Parc national de la vallée de la Semois ont pour vocation de protéger et restaurer les richesses naturelles du territoire wallon. Afin d'évaluer l'état de cette biodiversité, une collaboration a été mise en place avec les chercheurs montois spécialisés dans l'étude des abeilles sauvages.

Une richesse encore largement méconnue

Si l'abeille domestique est bien connue du grand public pour sa production de miel, elle ne représente en réalité qu'une seule espèce parmi des milliers d'autres. La majorité des abeilles sauvages vivent de manière solitaire et jouent un rôle fondamental dans la pollinisation des plantes.

En Belgique, plus de 400 espèces d'abeilles ont été recensées. Pourtant, plus d'un tiers d'entre elles sont aujourd'hui menacées ou ont déjà disparu. C'est dans ce contexte que les chercheurs de l'UMONS ont étudié différents milieux naturels particulièrement favorables à ces insectes, notamment des pelouses calcaires, rares à l'échelle du pays, ainsi que des prairies riches en fleurs.

Les résultats dépassent les attentes. Plus de 150 espèces ont été identifiées sur les deux territoires, dont une trentaine figurent sur la liste des espèces menacées. Les analyses laissent même penser que la richesse réelle de ces espaces naturels pourrait être encore plus importante, avec plus de 200 espèces potentiellement présentes.

Des espèces rares observées

Parmi les découvertes les plus marquantes, les chercheurs signalent l'observation d'une espèce qui n'avait été recensée qu'une seule fois auparavant en Belgique. D'autres espèces observées ne comptent que quelques dizaines de signalements à l'échelle nationale.

Ces résultats démontrent que les deux parcs nationaux constituent de véritables refuges pour une faune souvent discrète et encore insuffisamment connue. Ils confirment également que certaines richesses naturelles restent à découvrir dans ces territoires récemment labellisés.

Des actions déjà bénéfiques

Selon les chercheurs, plusieurs mesures mises en œuvre dans les parcs contribuent déjà à favoriser le développement des populations d'abeilles sauvages. Le maintien de milieux ouverts dans d'anciennes carrières ou ardoisières offre par exemple des sites de nidification précieux pour certaines espèces rares.

L'évolution de certaines pratiques agricoles joue également un rôle positif, notamment grâce à la réduction des intrants chimiques et à une diminution de la pression de pâturage dans certaines prairies.

Pour l'UMONS, ces premiers résultats illustrent pleinement l'utilité des parcs nationaux dans la protection d'une biodiversité fragile. Ils soulignent aussi la nécessité de poursuivre les recherches afin de mieux comprendre et préserver ces espèces essentielles au fonctionnement des écosystèmes.

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