Toujours pas de fumée blanche pour l'hippodrome de Wallonie : "La balle est dans le camp du gouvernement"
Le CEO de l'hippodrome attend un retour des négociations cet automne. Le dossier est lié à la délicate question des retours sur filière.
- Publié le 04-09-2026 à 16h59

Toujours pas de fumée blanche pour l'hippodrome de Wallonie. Le gouvernement reste décidé à vendre ses parts au privé. En mars dernier, interrogé à ce sujet en commission parlementaire, le ministre Jeholet — dont dépend Wallonie Entreprendre, l'organisme chargé du dossier — indiquait que des "échanges concrets" étaient en cours avec plusieurs investisseurs et opérateurs.
Le ministre ne souhaitait pas s'épancher davantage dans les détails à ce stade. Et depuis ? Depuis, on observe la même réserve. Son cabinet nous indique que Wallonie Entreprendre poursuit son travail de prospection et qu'il n'y a rien à communiquer pour le moment.
Au bord des pistes ghlinoises, on espère tout de même dissiper le brouillard rapidement. "Nous n'avons pas de nouvelles précises. Mais ça ne veut pas dire que rien ne se passe. La balle est dans le camp du gouvernement. On nous a annoncé un retour fin septembre ou début octobre", indique Achille Cassart, CEO de l'hippodrome de Wallonie.
Autre dossier qui peine à avancer et qui est directement lié à la vente de l'hippodrome : le retour sur filière. D'application en France, ce mécanisme consiste à prélever une partie des recettes générées par les paris hippiques pour la réinjecter dans la filière qui les fait vivre. On pense notamment aux organisateurs de courses, aux élevages, aux formations et… aux hippodromes !
"Les deux dossiers sont liés et c'est simple à comprendre", poursuit Achille Cassart. "Si le retour sur filière est mis en place, il assurera la viabilité financière de l'hippodrome sur le long terme et il sera beaucoup plus facile de trouver un repreneur. Si le mécanisme n'est pas instauré, il faudra se tourner vers d'autres solutions. Il y en a toujours."
La possible instauration du retour sur filière est donc un enjeu crucial pour l'hippodrome. D'ailleurs, c'est une piste que le gouvernement wallon avait évoquée lorsqu'il avait décidé de retirer à l'infrastructure sa subvention régionale. Finalement, l'hippodrome n'a plus de subside. Ni une partie des recettes des paris. "On survit, car nous avions une situation saine. Mais il faudrait une solution pérenne", reconnaît le CEO.
Plus facile à dire qu'à faire ? Non peut-être ! Car nous sommes en Belgique. Ainsi, la fiscalité des jeux relève des Régions tandis que la réglementation des opérateurs de jeux est fédérale. "Modifier la structure des prélèvements sur les opérateurs de paris nécessite donc une concertation étroite avec le niveau fédéral", reconnaissait le ministre Jeholet dans une réponse écrite du mois de mai dernier au député Chris Massaki.
Un autre obstacle, pas facile à sauter, se dresse sur la route. "Je suis le dossier du retour sur filière depuis trente ans. Les opérateurs de jeux n'en veulent pas et font du lobbying auprès des autorités wallonnes", confie Achille Cassart. Jusqu'à maintenant, ils semblent avoir pu se montrer plus convaincants que la filière hippique.