Le PLP lancé à Ghlin souffle sa première bougie : "Les gens se parlent, la transmission d'informations est facilitée"
Pour la police, le bilan est jusqu'ici positif, même si tout n'est pas positif et que l'engouement s'essouffle quelque peu.

- Publié le 24-10-2026 à 10h01

Lancé en septembre 2025, le partenariat local de prévention (PLP) de Ghlin vient de franchir le cap de sa première année. Un an après son lancement, la zone de police Mons-Quévy en dresse un bilan globalement positif, avec un outil qui a notamment permis de faciliter la circulation d'informations entre habitants et services de police. La dynamique doit toutefois aujourd'hui être relancée auprès des citoyens.
Le PLP était né d'une demande exprimée par les habitants lors d'une rencontre organisée à Ghlin. Lors de cette première réunion, entre 60 et 80 personnes s'étaient déplacées. "Il y avait une réelle demande. Les gens sentaient que ce canal de dialogue était important", se souvient Bruno Lheureux, chef de corps de la police de Mons-Quévy.
L'objectif était précisément de créer un contact privilégié entre citoyens et policiers, afin de permettre aux uns et aux autres de s'écouter et de faire remonter plus facilement les problèmes rencontrés sur le terrain. Un an plus tard, la police estime que le dispositif a démontré son utilité. Car au-delà des échanges directs, le PLP a permis de récolter des informations qui ont pu être recoupées avec d'autres éléments dont disposaient les services de police.
Des vols aux nuisances
"Au départ, il y a eu un très fort engouement, avec beaucoup de demandes et informations qui nous étaient remontées", explique pour sa part Fulvia Siena, inspectrice principale à la direction de la proximité. "La coordinatrice citoyenne du PLP regroupait de son côté les informations diffusées sur les réseaux sociaux ou nous permet de prendre contact avec les auteurs de l'une ou l'autre publication possiblement utile à nos enquêtes."
Le dispositif a notamment été utile lors d'une période marquée par plusieurs vols et tentatives de vols dans des habitations. "Il y a eu sept ou huit faits sur Ghlin et les environs, principalement de nuit. Grâce au PLP, on a pu retracer des trajets, obtenir des photos et construire un dossier étoffé", détaille Fulvia Siena. Les signalements concernent également des nuisances plus générales, allant des regroupements problématiques aux véhicules pratiquant du drift en passant par les nuisances en tout genre.
Pour la police, l'intérêt du PLP ne se limite toutefois pas à l'aide apportée dans des dossiers judiciaires. Les informations recueillies ont aussi permis de mettre rapidement en place certaines mesures concrètes, comme le renforcement des patrouilles en soirée aux abords du parc, des patrouilles pédestres dans les espaces verts ou encore des campagnes de prévention liées aux arnaques en tout genre.
Une dynamique à relancer
Après un début particulièrement dynamique, la police a toutefois constaté une baisse de l'implication à l'approche de l'été. Plusieurs raisons peuvent l'expliquer. Le fonctionnement d'un PLP implique notamment de réunir plusieurs partenaires et de coordonner leurs actions. "Là où nous avons parfois rencontré de petites difficultés, c'est dans la coordination de la mise en œuvre. Il y a parfois une différence entre ce qui est prévu sur papier et ce qui peut être réalisé concrètement et rapidement."
La coordinatrice citoyenne souhaite ainsi arrêter son rôle pour des raisons qui lui appartiennent. La police cherche donc à relancer la dynamique et à trouver une ou plusieurs personnes susceptibles de reprendre cette fonction. "Il nous manque actuellement un point d'entrée du côté citoyen", explique l'inspectrice principale. Malgré ces difficultés, la police observe une évolution positive sur le terrain. "Au niveau des faits majeurs, cela s'est quand même calmé. Les gens se parlent et la transmission des informations est facilitée", résume Fulvia Siena.
Un PLP bientôt sur Quévy
Forte de cette première expérience, la police réfléchit désormais à la possibilité de reproduire le dispositif à Quévy. Une mise en place plus complexe, compte tenu de la structure de la commune et de ses différents villages. "On ne peut pas simplement extraire un morceau d'une structure, comme on l'a fait en divisant Ghlin. Il faudrait faire travailler plusieurs entités ensemble", explique Fulvia Siena. Des discussions sont en cours, notamment autour d'un possible regroupement de villages. Un coordinateur citoyen s'est déjà manifesté pour l'un d'eux et l'idée serait de voir si un village voisin pourrait être associé.
Aucune date n'est encore arrêtée. Mais l'expérience de Ghlin permettrait d'avancer plus rapidement une fois le périmètre défini, le futur PLP ne partant pas d'une feuille blanche.